Un nouveau site! http://conseil.real-fiction.fr

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Le meilleur apprentissage est celui qui fait sens pour l'apprenant. C'est cette lapalissade que nous rappelle Carl Rogers, avec un certain écho stoïcien, dans sa description du "facilitateur d'apprentissage".

Accompagner les Hommes et les organisations dans le déploiement des talents pour que chacun veuille faire ce qu'il sait faire de mieux tout en se réalisant soi-même. C'est une utopie des plus réaliste et des plus nécessaire, car il n'y a qu'ainsi qu'une performance et une croissance est possible.

Concevoir des séquences de formation en présentiel et en hybride, aider dans l'acceptation des transformations de l'entreprise, étayer le management et révéler le leadership, bref être à votre écoute pour développer les solutions les plus pertinentes qui vous conviennent.

Consultez le site http://conseil.real-fiction.fr et écrivez-nous!

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Quelques images en 360° du Svalbard: vous pouvez naviguer dans l'image à l'aide du curseur de la souris. En plein écran ça rend beaucoup mieux!

Some 360° pictures of Svalbard: vous may navigate in the picture with the mousse. Put it in full screen, it's look better!

 Mon campement au pied du Foxtoppen, avec vue sur le Tverrdalen. My tent a the foot the Foxtoppen, sight on Tverrdalen.

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My first photo 360° VR

 

My first photo 306° VR: you can move all around the sphere with your mouse.

Ma première photo 360° VR: vous pouvez naviguer dans la sphère avec la souris.

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Repérage pour un film

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Lieu d'inspiration du film de fiction en cours d'écriture: ici s'est passé quelque chose qui a mis la puce à l'oreille du protagoniste...

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Bonne année!

Il paraît que la première journée de l'année est à l'image de ce que sera l'année entière. Petite escapade à Bruges donc histoire voyager et de voir une belle architecture, bon repas, chocolat, et petites images de nuit au retour, rien que pour le plaisir de filmer avec l'Ikonoskop, diner avec des amis. Si l'année est comme ça, je prends!

Bonne et heureuse année à tous!

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Collector!

L'image pédagogique se trouve d'occasion à prix d'or... je vous conseille de l'acheter neuf, c'est moins cher! vous pouvez le trouver sur Amazon par exemple.

Capture

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Pédagogie digitale: le numérique et la formation

"Le digital est une révolution pour la formation. 
Quand je parle de formation, j’inclus l’enseignement, l’éducation, la pédagogie, l’andragogie (la formation pour adulte), la formation professionnelle et continue, bref tout ce qui permet d’apprendre quelque chose.

Le digital est une révolution, et quand je dis digital, je parle de tout ce qui permet d’utiliser le numérique, de manière connectée en ligne ou hors ligne, quand je parle de digital, je parle en fait d’un média.
À proprement parler le digital concerne un format, une mise en digit de l’information, par opposition à l’analogique. Cette distinction à fait débat dans les milieux du cinéma et de la photographie, pour savoir si c’était un mieux ou un mal et si cela n’allait pas ruiner complètement un art dont la finesse et la subtilité toute physique et chimique ne pouvaient se réduire à quelque chose d’aussi bassement mathématique, logique et informatique. Pourtant la révolution est passée par ici et franchement je ne suis pas sûr que le profane y ait vu grand-chose. Là où le cinéma devait mourir, les salles ne se sont jamais aussi bien remplies et les DVD, VOD et autres supports, vendus. Bien sûr, qui n’a pas développé de l’EKTA 16mm dans un laboratoire artisanal, filmé à la Bolex et projeté sur un écran de drap tenu manque peut-être quelque chose, n’empêche qu’il est bien plus pratique et confortable de filmer avec un appareil photo numérique, de regarder immédiatement le résultat sur l’écran LCD et de le diffuser sur YouTube. Plus rapide, plus propre, ça touche plus de monde et ça coûte moins cher. Donc le digital, quoi qu’on en dise, c’est le présent, c’est rentré dans les moeurs et il y a peu de chance qu’on revienne en arrière.

De même que de ne pas avoir de smartphone est plutôt vu, perçu et pensé comme une bizarrerie. Il est plus simple de réserver son billet de train en ligne et de l’avoir sous forme de QR code, réserver une voiture privée est plus commode que de siffler un taxi, de payer en ligne plus rassurant qu’avoir une liasse de billets, regarder sur Wikipedia plutôt que dans le Petit Robert, se diriger avec Waze qu’essayer de lire une carte, qu’envoyer un mail plutôt qu’une lettre, etc. etc. Certes.

Le digital c’est révolutionnaire, ça permet de toucher plus de monde, plus rapidement, moins cher, dans l’espace et dans le temps. Du point de vue de la formation c’est très pratique: au lieu de faire un cours une fois devant une poignée de personnes, plusieurs centaine voire de millier peuvent assister au même cours de manière synchrone ou asynchrone et le revoir. Dans le milieu universitaire, cela fait peur. Des enseignants m’ont dit que cela allait vider les amphithéâtres et les universités. 
Toucher plus de monde dans l’espace et le temps. C’est ce que permet le livre imprimé par exemple. C’est ce qu’on lui reprochait aussi à l’époque de vider les universités. En fait, non. 

Les Mooc (Massive Open Online Course, cours massivement ouvert en ligne) ont débarqué il y deux ou trois ans en France, après une petite dizaine d’années aux États Unis. La crainte s’est ravivée avec tout de même l’attrait de la nouveauté. Des universités, le service public avec la plateforme FUN (France Université Numérique) s’y sont mis. Résultat mitigé. Mais les craintes ne se sont pas vraiment avérées vraies. 

Cependant, le digital est une révolution pour la formation, oui. Tout comme le livre a pu l’être, ou la radio, ou la vidéo.
Si le digital ne change pas fondamentalement l’apparence du savoir et de sa transmission, les opportunités et les possibles qu’il ouvre engage des changements plus profonds dans l’approche et la conception du savoir et de sa transmission. 
S’il devient possible de toucher plus de monde plus facilement dans l’espace et dans le temps, cela signifie que les contraintes locales n’en sont plus. Vous devez plus étudier en France parce que vous être en France, à Lyon parce que vous êtes à Lyon. Rien de vous n’empêche maintenant de suivre un cours de Stanford ou de Harvard alors même que vous êtes à Lyon ou à Longyerbyen, au Svalbard. Mais cela signifie également que vous pouvez choisir votre enseignant permis d’autres, non plus parce qu’il dispense des cours dans l’université près de chez vous, mais parce qu’il vous intéresse. Cela modifie fortement le paysage de l’offre et de la demande, et la concurrence entre les pourvoyeurs de savoirs, ce qui n’était pas le cas avant. Les livres ont créé des autorités. Le digital de même. Prenez l’exemple des conférences TED.

Le Mooc « géopolitique de l’Europe » que j’ai produit, avec Sylvain Kahn, Thomas Raineau et Philippe Perchoc à Sciences Po, a pendant 5 mois été suivi par 13000 apprenants. C’est plus qu’il n’y a d’inscrits à Sciences Po. C’est 100 fois plus que n’en touche un cours à Sciences Po sur une année.

Cependant, le revers de la médaille, c’est que le public n’est pas le même que celui auquel les enseignants sont habituellement habitués. Ce n’est pas nécessairement, en majoritairement, un public estudiantin, mais plutôt un public actif, je veux dire qui est déjà en activité professionnel. C’est plutôt un public comme vous en gros.

Alors, pensez à vous, pensez à ce que vous aimeriez suivre comme enseignement et comme formation, et de la manière dont vous voudriez le suivre… Réfléchissez et demandez-vous si un cours théorique par un prof statique devant une caméra mal éclairé pendant deux heures est vraiment ce qui vous donnerait envie… Voilà le problème. Le problème est celui de la littératie: de l’écriture digitale. Parce qu’indépendamment des questions techniques et d’infrastructure (la bande passante, la fibre, l’ordinateur, le codage) le digital est un média, et il doit aussi être pensé en tant que tel.

L’arrivée du digital devait être révolutionnaire parce qu’elle allait faire mourir des métiers. C’est vrai. Dans le cinéma, les monteuses (terme essentiellement féminin, malgré les deux sexes) ne montent plus avec des ciseaux, le tireur ne tire plus, certes, ces métiers ont disparu avec les nouvelles techniques. Tout comme les hôtesses de caisses (même remarque) ne survivent pas aux caisses automatiques, tout comme les taximen ne vont pas survivre aux voitures autonomes, tout comme les wattmen n’ont pas résisté aux métros automatiques… Les postes ont changé voire les métiers, mais est-ce que les métros se conduisent vraiment tout seuls? 
Les films ne se montent pas tous seuls (les applications en ligne qui vous le promettent sont très décevantes…), les outils pour le faire ont changé et donc avec les savoir-faire techniques, mais les principes du montage restent les mêmes, un fondu enchaîné reste un fondu enchaîné. Je présume que la gestion du trafic reste toujours une gestion du trafic, que les aiguillages soient manuels ou automatiques, non?

La question de l’écriture du digital ou avec le digital, couplée avec la question des possibilités offertes modifie l’approche du sujet.
Plus d’offres, plus de choix, donc plus de concurrence donc un public plus exigeant. C’est là l’un des impacts les plus importants: l’exigence du public. La génération « zapping » n’est pas moins constante que les autres, elle a simplement la possibilité d’être moins captive… et donc de pouvoir aller voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Au lieu de vouloir la contraindre ou la blâmer, il faut au contraire essayer de l’intéresser et de la captiver davantage. Deux solutions: une simple et une difficile. La simple: le populisme, la démagogie. La compliquer: la vulgarisation, l'explicitation.
La première détériore la qualité et sombre dans une propagande dangereuse, l’autre essaie de rendre accessible ce qui est complexe. Mais ça ne digital, le numérique ne tranchera jamais pour vous. Inutile de blâmer Twitter parce qu’une organisation terroriste sait s’en servir mieux que d’autres. C’est se tromper de combat. L’injonction est bien plutôt celle de toujours faire l’effort d’essayer de s’ouvrir de se rendre accessible, de faire grandir, de continuer à construire et apporter sa pierre à l’édifice du monde tel qu’on aimerait qu’il soit, plutôt que d’attendre les bras ballants qu’il advienne. Ce n’est pas simple ni facile à dire, certes, mais c’est toujours gratifiant d’essayer de faire plutôt que de se retrouver dans des situations que franchement nous ne souhaiterions à personne.

La littératie, l’écriture digitale donc. Le digital, pour la formation, permet l’interactivité (des quizz, des serious games...), du partage (learning by doing, learning by teaching, social learning), le multimédia (vidéo, texte, son…), et ce sont toutes ces nouvelles possibilités, jusque là compliquées à mettre en œuvre qu’il faut apprendre à utiliser et exploiter. Et c’est là l’une des premières difficultés. Les enseignants ne comprennent pas toujours pourquoi on leur dit que leur texte est trop long pour la caméra ou que leur diction n’est pas bonne. Ils se vexent… il faut aussi apprendre la diplomatie, certes. Mais parce que la caméra demande un certain format: 164 mots/minutes selon la BBC. Demande un certain rythme: relancer l’audience toutes les 4 minutes...

Écrire un enseignement plutôt que de l’improviser à modifié la manière d’enseigner, c’est l’apport de l’écriture. Le digital modifie le rythme et l’approche au contenu et au public. Il faut en tenir compte.

Si maintenant vous vous souvenez que l’audience, le public visé ici c’est vous, si vous avez suivi des Mooc, des conférences, des cours, en ligne ou non, demandez-vous ce que vous vous voudriez recevoir comme formation et comment… et dites-vous si vous trouvez vraiment ce que vous cherchez… Réfléchissez maintenant à comment vous apprenez réellement...

Les Mooc, Cooc, Spoc et autres sont certainement les premières prémisses d’une modalité d’accès au savoir qui vont vite évoluer pour aller vers des formes plus diffuses, plus modulaires, plus sociales, plus co-construites, plus difficile à suivre et à élaborer, mais plus pertinentes et efficaces, avec plus d’interactions informelles… et des actions de maintien et de renforcement du savoir, avec des rappels et des activités impliquantes. Ce n’est pas là une prédiction dans le marc de café, mais bien une nécessité, parce qu’en fait c’est comme cela que nous apprenons et que nous apprenons là, au présent, maintenant, avec les outils dont nous avons à disposition.

Les fondamentaux du savoir, de la connaissance et de l’apprentissage n’ont pas changé avec l’imprimerie  pas plus qu’avec le digital, pas plus que les fondamentaux du déplacement humain n’ont pas changé avec l’arrivée des transports en commun. Cependant, les rendre plus simples ouvre des possibilités qu’il faut exploiter de manière intelligence au risque d’être déceptif. Cela oblige à l’exigence et à l’excellence. Ce qui n’est pas simple. 

Mettre l’apprenant au centre de la relation de l’apprentissage, c’est déplacer le centre d’équilibre de l’enseignant vers l’élève qui devient un «progressant» dans le vocabulaire de Cicéron. C’est déplacer le centre du pouvoir de celui qui possédait l’information et le savoir vers celui qui sait exploiter le savoir, faire le tri dans la myriade d’informations disponible, qui sait apprendre à apprendre.  Et c’est là effectivement une véritable révolution.

Cette révolution qu’on appelle « le nouveau monde » dans la littérature du management  ou « pédagogie active » ou « moderne », n’est en fait que ce que faisaient déjà Sénèque, Cicéron, Epictète, Socrate, ou Descartes… bref, que du bon sens. C’est rassurant. Mais cela ne suffit pas de le dire. Il faut le faire. Le digital le permet, alors faisons-le.

Alors comment apprend-on autrement?

Comment apprenez-vous autrement?
Vous voulez faire un biscuit de Savoie, mais vous ne savez plus trop la recette. Comment faites-vous? Vous allez certainement chercher sur internet, taper dans un moteur de recherche et regarder ce qui remonte ou aller sur un site que vous connaissez, que vous avez peut-être déjà consulté, et chercher une recette. Comment allez-vous choisir parmi les différentes recettes proposées? Le site? S’il y a ou non une photo, une vidéo, un tutoriel? Le nombre de votes de la recette? Le profile de celui ou de celle qui l’a publié? Son nombre de connexions, de publications, de votes, de personnes qui la recommandent? Les commentaires?
Pourquoi faites-vous cela? Parce que vous voulez trouver tout de suite l’information que vous cherchez de la manière la plus simple, la plus rapide, la plus efficace, la plus lisible, la plus visible, n’est-ce pas? Mais aussi l’information la plus fiable, la plus solide, la plus pertinente, non?
Pour cela vous ne vous fiez pas uniquement à la source, mais vous voulez aussi savoir ce que les autres en disent, non?
Tout cela pour faire un biscuit de Savoie. Si vous parvenez à en réaliser un et qu’il vous convient, vous allez peut-être renforcer votre biais cognitif envers cette source d’information en considérant qu’effectivement elle est fiable et efficace. Peut-être même allez-vous partager votre avis, votre expérience en publiant une photo ou un commentaire voire en évaluant la source histoire de dire que vous la cautionnez et que vous la renforcez. Si par contre vous avez échoué, peut-être allez vous déconseiller cette source.
Donc vous vouliez faire un biscuit de Savoie, vous ne saviez pas ou plus comment faire, vous avez chercher de l’information, vous l’avez trouvé, vous l’avez suivi, vous avez réalisé ce que vous souhaitiez avec succès. Félicitations, vous avez appris quelque chose ou renforcé et réactivé un savoir que vous possédiez. 
Un savoir, une connaissance qui s’applique dans une situation de sorte que vous puissiez agir dans cette situation en fonction de cette connaissance et de ce savoir devient une compétence. Renforcer une compétence créé une habitude ou une aptitude qui permet de changer le comportement de sorte à pouvoir être de plus en plus opérationnel et performant dans un contexte similaire et comparable à cette situation paradigmatique. C’est ce qu’on appelle l’expérience, et qui fait qu’une l’action répétée est moins coûteuse cognitivement que l’action précédente. C’est la base de la productivité que recherche l’entreprise.
Vous avez appris quelque chose.
Avez-vous eu le sentiment d’apprendre quelque chose? Si je vous racontais cette histoire, auriez-vous le sentiment qu’il s’agit là d’apprentissage?

C’est l’un des aspects du problème avec le numérique, c’est une question d’image. C’est comme le montage au cinéma, un très bon montage est un montage que le spectateur ne voit pas parce qu’il regarde l’image et suit histoire. Le fond et non la forme.
Pour le savoir, c’est pareil. On apprend beaucoup sans avoir l’impression d’apprendre. Les fameux 70:20:10 (10 d’apprentissage formel, 20 par les managers, 70 par l’action). 
On apprend de manière informelle, et le digital favorise l’informel par l’accès à une mine considérable d’information, mais cela ne donne pas nécessairement l’impression d’apprendre. D’autant que ce n’est pas parce que vous surfez sur le net que vous êtes en train d’apprendre quelque chose, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

Apprendre autrement, c’est apprendre par la mise en situation. Il paraît qu’on ne retient: 10% de ce que nous lisons
20% de ce que nous entendons
30% de ce que nous voyons
50% de ce que nous entendons et voyons
80% de ce que nous disons
90% de ce que nous faisons.
C’est pour cela que les simulations et les mises en situation fonctionnent bien pour l’apprentissage.

Dans le Mooc « géopolitique de l’Europe » dont je vous ai parlé, nous avons tenté l’expérience en créant de petits « serious games ». C’était une mauvaise idée de les appeler des « serious games », ça faisait fun et trendy, mais des apprenants nous ont dit qu’ils ne les avaient pas faits parce qu’ils étaient trop intelligents et avaient passé l’âge de jouer. Il s’agit plus tôt de mise en situation. Ici, vous incarnez un rôle, un acteur de l’Union européenne, vous avez une mission à accomplir, des choix vous sont proposés et vous devez essayer de réaliser au mieux votre mission. La contrainte que j’avais posée et que tous les choix proposés devaient être plausibles, de sorte que vous appreniez quelque chose quoi qu’il arrive. Parce que nous n’avions pas d’argent pour les développer, j’ai détourné un logiciel de web-documentaire et le graphisme est des plus minimal. Pour des raisons techniques, nous ne pouvions pas tracer individuellement les apprenants alors les jeux étaient des bonus qui n’étaient pas comptabilisés dans le résultat du Mooc.
13000 apprenants. 10% ont obtenu une attestation de réussite à plus de 75% de l’ensemble des activités. C’est un bon score pour un Mooc, la moyenne est à 6%. Le taux d’attrition de ces modalités est catastrophique. Il faut se poser la question de l’efficacité de cet usage du digital pour la formation, mais c’est une autre question.
5000 apprenants ont fait les serious games. C’est mieux que prévu. Près de 4000 (80%!) ont fait les 6 jeux (1 par séance, 6 séances)… et 3000 (60%!) les ont faits plusieurs fois pour essayer plusieurs solutions et combinaisons du jeu. C’est plutôt pas mal comme taux d’attrition.
Comment expliquer cela? Parce que c’était intéressant m’ont dit certains apprenants, parce qu’on avait l’impression de participer à l’Europe m’ont dit certains. Parce que c’est concret, parce que c’est pratique, parce que c’est appliqué, parce que c’est impliquant, parce que c’est impactant, parce que ça fait sens, parce que ça nous parle. Vous apprenez en faisant.

Ici il s’agit de la géopolitique de l’Europe… imaginez donc, il y a plus sexy comme sujet.
Imaginez que vous vouliez former quelqu’un à la conduite d’un tramway sans chauffeur. Un cours théorique ou une simulation 3D immersive?

Imaginer maintenant la place de l’enseignant/formateur? Vous voyez maintenant la révolution qu'opère  le numérique en matière de formation?

Imaginez maintenant que vous cherchiez à faire une opération dans un tableur, chose que je suis incapable de faire. Comment faites-vous? N’est-ce pas plus simple de demander de l’aide à quelqu’un en lui passant un coup de téléphone, de lui écrire un mail, de lui envoyer un message dans un chat? Imaginez maintenant un réseau social d’entreprise dédié à ce type d’entraide, ou comme sur un profil professionnel vous pouvez indiquer vos compétences, savoirs, centres d’intérêt de sorte que vous puissiez demander à quelqu’un qui dit savoir, qui est éventuellement reconnu pour son savoir, comme pour la recette du biscuit de Savoie, de sorte que même si vous ne le connaissez pas directement vous pouvez le lui demander et qu’il puisse vous aider.
Vous apprenez dans l’échange, sur votre problème, mais aussi potentiellement sur autre chose, à connaître quelqu’un par exemple, en nouant des contacts, des relations, en partageant du savoir. Le savoir devient coopératif et social.

Imaginez que vous sachiez faire un biscuit de Savoie avec une recette personnelle ou familiale, imaginez que vous décidiez de la publier, de faire une vidéo, un tutoriel. Si vous ne savez pas faire de biscuit de Savoie, vous savez sans doute autre chose. Partager, communiquer, transmettre. Vous pouvez sortir quelqu’un de l’embarras, mais aussi cela fait du bien, c’est une forme de reconnaissance, de valorisation. Vous apprenez aussi en transmettant votre savoir, en enseignant.

Imaginez que vous contribuiez comme cela de manière collective, sur un blog ou un wiki par exemple, en co-construisant un savoir partagé. 

Vous voyez maintenant ce qu’est effectivement la révolution de la formation digitale. Elle n’est pas tant dans le fait qu’elle soit digitale qu’elle soit rendue plus simple par le digital. Le savoir, la connaissance, n’est plus une chose rigide, figée, scellée, mais une matière vivante en éternel devenir qui sert à consolider les meilleures pratiques du passé et du présent pour construire l’avenir, pour appréhender le champ du possible qui s’ouvre là, à l’orée du présent.
Les Lumières rêvaient que « l’Encyclopédie » rende l’Homme plus libre en possédant sa propre capacité d’analyse.
Le digital permet à l’Homme d’aujourd’hui de pouvoir partager et contribuer facilement. Si cela est fait et pensé dans le dessein de développer les Hommes, alors l’apport en sera bénéfique et tout le monde en sortira grandi. Cela demande un effort, une prise de risque et une responsabilité qui appellent constamment à l’exigence de l’excellente. Ce n’est pas facile. Rien n’empêchera les racontars et autres bobards qui tant qu’ils restent potaches peuvent encore s’admettre, mais qui n’empêchent pas la stupidité et les massacres. Là encore blâmer le véhicule est se tromper de cible.

Ce que je veux dire par ici et s’il fallait retenir une idée de mon propos, c’est que le digital est un outil qui est bien de notre temps et qui nous facilite bien la vie. Comme tous les outils il n’est pas inné, même pour les digital natives, ce n’est pas parce qu’il est évident que son appropriation et son maniement ne doivent pas s’acquérir. Il faut de la littératie du digital. Le digital en lui-même ne change pas grand-chose, il en permet simplement plus de choses en en facilitant d’autres. C’est cet espace des possibles qu’il s’agit alors d’investir. Le sens de cet investissement ne dépend pas du digital pas plus que la direction du voyage du véhicule. 
L’attrait de la nouveauté ne doit donc pas provoquer une fuite en avant et faire oublier les fondamentaux du savoir, de la connaissance, des compétences, de la formation et de l’apprentissage. 
La connaissance est le meilleur investissement que vous puissiez faire (12% de rendement selon certains économistes, cf. Becker) et en temps de crise (sociale, politique, économique ou autre) le plus important est de songer comment en sortir en se préparant au monde meilleur que nous souhaitons construire cela signifie apprendre de ses erreurs et être prêt pour mieux… donc apprendre, donc se former.
Le digital et le numérique sont des outils facilitateurs, c’est en ce sens qu’il faut les employer.
Le reste ne dépend que de nous."

Benjamin Sylvand
benjamin.sylvand@real-fiction.fr
http://real-fiction.fr

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Serious games: une modalité pédagogique / a pedagogical modality

[English version bellow]

Les "serious games" sont, comme leur nom anglais l'indique, des "jeux sérieux" qui permettent d'apprendre quelque chose de manière ludique. L'expérience montre que cette appellation est malheureuse, certains apprenants du Mooc "La géopolitique de l'Europe" de Sciences Po en 2015 nous ont en effet indiqué qu'ils ne les avaient pas faits parce qu'ils avaient passé l'âge de jouer.

Il s'agit en fait ici de simulation et de mise en situation. Dans un cadre expérimental, l'apprenant peut tester des hypothèses et leurs conséquences sur l'issue d'une situation donnée. L'idée est bien à la fois d'éprouver des hypothèses, mais aussi et surtout de comprendre le mécanise de choix et de décision, en particulier en contexte d'incertitude et d'incomplétude, lorsque l'apprenant ne possède pas l'ensemble des paramètres qui entrent en jeu dans et sur la situation.

En aucun cas, ces jeux ne sont une aide à la décision au sens où ils permettraient de résoudre ou de suggérer une solution au problème posé. Il s'agit d'exercer l'esprit de l'apprenant à jouer le jeu des raisons pour qu'il pense et analyse la situation afin d'en créer le dénouement.

L'idée est aussi de faire comprendre que tout n'est pas déjà écrit pas avance dans le grand livre, mais tout est à écrire (ce qui n'empêche pas que l'acte d'écrire soit lui déjà écrit, mais c'est une autre histoire). Par conséquent la prise de décision est performative et une prise de risque qui doit être prise en connaissance de cause et assumée. Et c'est par qu'elle l'est que l'acteur en est responsable. Cette contrainte et injonction de la responsabilité pleine et entière est la marque même de la liberté, qui pour être totale doit être pleinement assumée, donc soutenue par la raison étayée de la connaissance éclairée.

Cette liberté ne se décrète pas plus que la motivation, mais elle se travaille, se muscle et de développement. La formation, l'enseignement, le développement personnel, l'accompagnement peuvent l'aider à se construire et se renforcer.

Les serious games sont une modalité qui peut y aider. C'est pour cela que nous en avons inclus dans le Mooc sur la géopolitique de l'Europe.

L'exemple des serious games pour le Mooc "géopolitique de l'Europe" de Sciences Po 2015: http://real-fiction.fr/archives/3132

Voir aussi l'interview sur le site du logiciel utilisé pour les réaliser: http://www.klynt.net/fr/serious-game-benjamin-sylvand/


The serious games allow to learn in ludic way. To call them "game" is quite unfortunate, indeed, some learners of the Mooc on the geopolitic of Europe at Sciences Po in 2015, told us that they haven't done them because they were too old or smart to spend time with games.

These games are actually a simulation of a situation. As in experimental conditions, the learner can test and try some hypotheses and see their results and consequences on the situation. The purpose is to experiment and understand the mechanic of choice and decision making in uncertain and incomplete context, when the learner does not possess all the parameters involved.

These games are not helping to decision making in the way that they could provide an answer to a given problem, but they help to practice critical thinking and the game of the reasons such that the learner becomes able to take decision by himself and create his own solution.

The idea is also to show that it is not already written in the big book but that, in contrary, everything has to be written. Every decision taken is preformative and implies a risk to take in full knowledge and understanding of the situation, i.e. in responsibility. This is precisely the definition of freedom.

This liberty cannot be mandated neither is motivation, but it requires work and effort, and learning and training may help to build and sustain it. Serious games are a modality that may be used in this perspective. You may find them here: http://real-fiction.fr/archives/3132 

Also see the interview on the blog of Klynt, the software used for making the games: http://www.klynt.net/fr/serious-game-benjamin-sylvand/

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Chaman: Rituel de divination #Film

Film sur un rituel de divination chamanique, tourné en 2009 lors d'un festival.

Le regard candide de la caméra permet une réflexion sur le rituel, la relation à l'avenir, à la prédiction.

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Benjamin Sylvand, "Chaman, rituel de divination", 15 minutes, couleurs, sonore. Real-Fiction, 2009

 

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"L'image pédagogique" fichiers à télécharger

"L'image pédagogique": fichiers à télécharger au format pdf, les explications de ces documents et de leurs usages sont expliqués dans le livre.

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#livre: "L'image pédagogique"

Vient de paraître aux éditions des archives contemporaines, "L'image pédagogique", réflexion sur les principes, les méthodes et les outils pour utiliser l'image animée dans le cadre de l'enseignement et la recherche.


image-pedagogique-livre

Benjamin Sylvand

L'image pédagogique: pour un usage et la réalisation de productions pédagogiques audiovisuelles et multimédias

Editions des archives contemporaines
2014

ISBN: 9782813001580


Le site de l'éditeur: http://www.archivescontemporaines.com/.

En vente par exemple à la Librairie Vrin à Paris, dans toutes les bonnes librairies et sur les sites de vente en ligne comme Amazon.

Aperçu sur Google Book.

Également disponible en format électronique.

Page Facebook du livre: https://www.facebook.com/pages/Limage-p%C3%A9dagogique/847590675300274?ref=bookmarks


Des conseils pratiques pour réaliser un contenu pédagogique vidéo ou multimédia : composition, son, commentaire, écriture du projet, réalisation, questions juridiques, etc. L'auteur offre également des clés pour appréhender l'image, sa réception, son appréhension, sa lecture ou sa compréhension par le spectateur, pour arriver à concevoir une production adaptée à la finalité pédagogique visée. ©Electre 2015


"L’image animée est un vecteur pédagogique puissant lorsqu’elle est utilisée de manière pertinente.

Le cinéma documentaire, l’anthropologie visuelle et le film didactique ont, depuis plus d’un siècle développé des réflexions, des théories et des pratiques qui permettent l’analyse et la production de supports destinés à l’apprentissage et à la construction de savoirs et de connaissances.

En développant une approche originale de la conception de l’image à partir de sa réception, Benjamin Sylvand propose énonce des modes de présentation et d’exposition de l’image qui permettent une application de l’échelle de performativité didactique proposée par Geneviève Jacquinot.

Des conseils pratiques et concrets sont donnés pour mettre en œuvre cette perspective à travers des projets de réalisation filmique ou multimédia.

Cet ouvrage d’adresse à tous ceux qui veulent produire des contenus pédagogiques vidéos ou interactifs, ou utiliser ces techniques comme exercices d’enseignement."


 Table des matières

1 Introduction

I Ecouter, regarder, voir

2 La lisibilité

2.1 Cadrer
2.2 Identier
2.3 Mesurer
2.4 La saisie des conditions de lisibilité

3 La composition

3.1 Conditions cognitives de l'image
3.2 Mouvement
3.3 Montage
3.4 Attention cognitive de l'image

4 La temporalité

4.1 L'organisation temporelle formelle
4.2 La structure temporelle formelle
4.3 Structure temporelle du propos
4.4 Perception du temps

5 Le son

5.1 L'audio intra-diégétique
5.2 L'audio extra-diégétique

6 Le commentaire

6.1 Commentaire de glose / commentaire dans l'action
6.2 Typologie du commentaire
6.3 Pertinence du commentaire
6.4 Commentaire non-verbal
6.5 Commentaire et pédagogie

7 Les modes de presentation

7.1 Mode de presentation narratif
7.2 Mode de presentation conceptuel

8 Les modes d'exposition

8.1 mode d'exposition narratif
8.2 mode d'exposition argumentatif
8.3 mode d'exposition épisodique
8.4 mode d'exposition poétique
8.5 Épistemologie de l'image
8.6 Réception et réaction du public

9 La situation

9.1 La situation

10 La transcription

10.1 Particulier concret
10.2 Contenu non-conceptuel
10.3 Émotions
10.4 Interpretation
10.5 Situation paradigmatique

II Ecrire l'image pédagogique

11 Attributs pédagogiques

11.1 Les degrés d'écriture
11.2 Les attributs pédagogiques
11.3 Grille d'évaluation
11.4 Degrés d'écriture pédagogique
11.5 Structure type d'écriture
11.6 Renforcement des attributs
11.7 Mise en perspective pédagogique

12 Strategie de communication

12.1 Justification d'une stratégie de communication
12.2 Structure de stratégie
12.3 Fonction de stratégie

13 L'interactivité

13.1 L'écriture multimedia
13.2 La navigation
13.3 Structure de navigation
13.4 Modes de lecture
13.5 Participation
13.6 Dimension haptique et proprioceptive

14 Chaines de production

14.1 Division du travail
14.2 Chaine de production filmique
14.3 Exercice audiovisuel
14.4 Évaluation de production filmique
14.5 Chaine de production multimedia
14.6 Évaluation de production multimedia
14.7 Entité de production
14.8 Indexation des productions
14.9 Diffusion

15 L'écriture du projet

15.1 Comment écrire son projet ?
15.2 Séquencier

16 La réalisation

16.1 Film sans camera
16.2 Le tournage

17 Les questions juridiques

17.1 Exception pédagogique et citation
17.2 Le genre pédagogique
17.3 Droit d'auteur, droit d'exploitation
17.4 Droit à l'image
17.5 Protection du produit
17.6 Crédits

III La pédagogie de l'image

18 L'image et la pedagogie

18.1 L'analyse
18.2 Les attendus cognitifs
18.3 L'image animée comme appui à la pédagogie
18.4 L'image animée comme composant pédagogique
18.5 Efficacité d'usage

19 Types de productions

19.1 Différents types de productions
19.2 Taxinomie des productions

20 Conclusion
Bibliographie | Filmographie
Index 211

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Silhouette pour un schéma

Silhouette pour un schéma. Dans le cadre de recherche sur l'image pédagogique, son ergonomie et la perception égocentrée, un schéma d'implication nécessite une silhouette pour donner la mesure de l'espace perceptuel de l'agent cognitif. 2Fik s'est prêté au jeu. Les résultats devraient être publiés à l'automne 2014

2Fik-silhouette

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Web-doc Garonne

Garonne

Tournage d'un web-documentaire sur la gestion de la ressource en eau sur le Bassin de la Garonne. Depuis quelques années le Bassin de la Garonne est en déficit d'eau, les ressources s'épuisent et ne se renouvellent plus, ce qui se ressent l'été, en période d'étiage, notamment avec la répartition des ressources. Comment cette question est prise en compte? Quelles actions sont menées pour traiter ce phénomène? Comment le changement climatique est inclue et inscrit dans la politique? Comment les modèles scientifiques anticipant la situation à plusieurs années sont pris en compte et interprétés par les différents acteurs sur le terrain.

Ce web-documentaire est une étude sociologique sur le terrain qui vise a dessiner les contours de la problématique de l'eau, menée avec le chercheur Ian Gray de Sciences Po.

Sortie prévue à l'automne 2014.

kayak

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2Fik: Reinterpreting Bukovac #movie

You can now watch the film “2Fik:Reinterpreting Bukovac" online for free with English and French subtitles!

Vous pouvez maintenant regarder le film “2Fik:Reinterpreting Bukovac" en ligne et gratuitement avec sous-titres en anglais et en français!

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2Fik: Reinterpreting Bukovac #commentary

Version française à la suite du texte anglais.

"When I see these images, when I observe what is happening, two modes, two types of transformation appear to me. And it seem to be more and more important to distinguish one from the other.
The first transformation, the term is not the best, is "mental" , while the second is "physical". Of course this distinction is artificial, since the mental transformation appears only because it is physical and the physical, I guess, requires the mental one. However, the longer I observe, the more and more different each becomes, and this growth in difference itself make a difference.
The mental transformation is the one that was taking place in the room earlier when 2Fik was alone imagining, conceiving and fixing the outfits of the different characters.
The physical transformation is the one that occurs in front of the museum, with the hair trimmed, beard and mustache shaved, according to age, sex, in order to best inhabit, or embody the nature of the character in a way that can be transposed by the photo. This transformation is spectacular and gives its strength to the performance, perhaps even more than the photo.
It is this physical transformation that which give surprise to the viewer, who, at first glance, does not recognize that all the characters are played by the same man, 2Fik himself.
But I must admit that the really dramatic change for me is the mental transformation. The term is not very adept, but I cannot find a better one for the moment. What I mean, what I'm trying to verbalize, is the transformation that has taken place in the room before the photos are shot. And seeing the two, the before and after, I think that the first may be sufficient or is even stronger because more tenuous , more subtle perhaps, but definitely more difficult to observe. The characters parading in front of lens are all different one from another, all have their own personality even if the artist still has the same beard.
The beard, the hair are not the difference that makes a difference. The uniqueness of each character is to be found elsewhere. All are different because they are thought different, as such, for themselves , this conception gives them an identity that does not come from a comparison with the other but a cluster of characteristic traits. It is not the physical as such but the mindset, the behavior, the way of being that make them what/who they are.
The beard is not enough, a shrug is. A look, a pout, a slouch is enough to place the character in his or her mode of being, of living in the world. A salient feature that suggests a singularly cognitive space which the character incarnates.
If the clothes do not make the man, the way of wearing them does. We are closer to an actor of opera or kabuki theater that transvestism. And this is where the miracle happens. These ways of being, these modes of existence, these postures, this non-verbal features, these attitudes, these states of mind make personalities, characters that the artist embodies.
Age, sex, size and even skin color seem different from one to another, amazingly. Without having to pass the physical performance, attitude, proxemics are already enough. This is what the camera reveals and what these images show.
That raises the question about what in fact makes the difference, or, what are the differences that make a difference.
These characters are not what they are by their physical attributes but much by their way of living, of being in the world. Here sex does not matter, sexuality does, attraction does. Age does not matter, only the adequation with the present does. Characters do not appear by themselves or in how the other, that means us, perceive them, which would suppose an essentialist ontology independent of a relationship to the other. No. The character exists because we perceive it, and we perceive it thus because it gives itself as such. If each one does correctly its part then this perception, this interpretation should be compatible on both sides, otherwise one will be in delusion whereas the other in prejudice.
What reveals the image is that the character is revealed in the way of being apprehended, in an in-between and we are finally all the character of another.
If the photo by 2Fik is a self portrait it is only of ourselves, an elegant and powerful way to remind us that we do not yet know how to see, that a single character can appear in many different ways. We stop at insignificant details, at appearances; we lose sight of the crucial aspects and miss the best : the mode of being . These are the differences that make a difference. What is shown by these two modes of transformation. The approach of the artist. His performance, his photo."

« En voyant ces images, en observant  ce qui se passe, apparaissent deux modes, deux types de transformation qui me semblent être de plus en plus différents l'un de l'autre et important de distinguer l'un de l'autre. Le premier est, disons, mentale, alors que le second est physique. Bien évidemment, dit ainsi, cette distinction est artificielle, puisque la transformation mentale n'apparait que parce qu'elle est physique et la physique suppose, il faut l'espérer, la mentale. Cependant elles sont de plus en plus différentes et c'est, il semble, cette différence qui fait effectivement une différence. 

La transformation mentale est celle qui s'opérait dans la chambre tout à l'heure, lorsque 2Fik était seul et imaginait, concevait, fixait les tenus de ses différents personnages. La transformation physique est celle qui le conduit, sur le parvis du musée, à se couper les cheveux et se raser le barbe suivant l'age, le sexe, et le caractère du personnage afin de l'incarner au mieux, en fait pour la photo. Cette transformation est spectaculaire et c'est elle qui procure aussi sa force à la performance, plus encore peut-être qu'à la photo. C'est cette transformation physique qui fait que le spectateur ne reconnait pas du premier coup d'œil que tous les personnages sont interprétés par le même homme, 2Fik lui-même.

Mais je dois avouer que la transformation vraiment spectaculaire à mes yeux est la transformation mentale. Le terme n'est pas très heureux mais je n'en trouve pas de mieux pour le moment. Ce que je veux dire, ce que j'essaie de verbaliser, est la transformation qui s'est opérée dans la chambre avant et qui a permis la transformation physique. Et en voyant les deux je me dis que la première suffit peut-être ou est plus forte encore car plus ténue, plus subtile peut-être, plus difficile à observer au moins. Les personnages qui défilent devant l'objectif sont tous différents les un les autres, tous ont leur personnalité, leur caractère alors même que l'acteur porte toujours la même barbe. Cette barbe, ces cheveux ne sont pas une différence qui fait une différence et c'est ailleurs qu'il faut chercher la singularité de chacun des personnages. Ils sont différents parce qu'ils sont pensés différents, comme tels, pour eux-mêmes, cette conception leur confère une identité propre qui ne vient pas d'une comparaison avec les autres mais bien d'un faisceau de traits caractéristiques propres. Ce n'est pas le physique en tant que tel mais l'état d'esprit, le comportement, la manière d'être. La barbe n'est pas suffisante, un haussement d'épaule si. Un regard, une moue, un déhanché suffisent pour camper le personnage dans sa manière d'habiter le monde. Un trait saillant qui apparait à travers la carapace et laisse entrevoir l'espace cognitif propre du personnage, qui pousse, qui croit de l'intérieur même. Si l'habit ne fait pas le moine, la manière de le porter si. Nous sommes plus proche de l'acteur d'opéra ou tu théâtre kabuki que de travestissement.

Et c'est là que le miracle opère. De ces manières d'être, de ces modes d'existences, de ces postures, de ce non-verbal, de ces attitude, de ces états d'esprit surgissent des personnalités, des personnages qui s'incarne dans l'artiste. L'age, le sexe, la taille et même la couleur de peau semblent différents, de l'un à l'autre. Et c'est là ce qu'il y a d'extraordinaire. Sans même devoir passer la performance physique, l'attitude, la proxémique déjà suffisent. Et c'est ce que révèle l'objectif, ce que finissent par montrer ces images. Et cela questionne sur ce qui fait la différence, les différences qui font des différences. Ces personnages ne le sont pas de par leurs attributs physique mais leur manière d'habiter, d'être au monde. Le sexe n'a pas d'importance, c'est la sexualité, l'attirance, l'attraction qui en aurait. L'âge ne compte pas, seul son adéquation avec le présent compte. Les personnages n'apparaissent pas en eux-mêmes ni dans la manière dont les autres, nous, les percevons, ce qui poserait une ontologie essentialiste oubliant la relation de l'un à l'autre. Non. Le personnage n'est que parce que nous le percevons ainsi, et nous le percevons ainsi parce qu'il se donne à percevoir ainsi. Si l'un et l'autre fait correctement sa partie alors cette perception, cette interprétation sera compatible des deux côtés, sinon l'un sera dans l'auto-délusion, l'autre dans le préjugé... Non, ce que révèlent l'image c'est que le personnage n'est révélé que dans la manière d'être appréhendé... et finalement nous sommes tous des personnages pour les autres.
Si la photo de 2Fik est un autoportrait ce n'est que de nous-mêmes finalement, une élégante et percutante manière de nous rappeler que nous ne savons pas voir, pas voir d'un même personnage peut apparaitre d'autant de façons différentes. Et que nous arrêter aux détails, aux apparences, c'est perdre de vue l'essentiel et manquer le meilleur: la manière d'être. Ce sont là les différences qui font des différences. Ce que révèlent ces deux modes de transformation. La démarche de l'artiste. Sa performance, sa photo. » 

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About "2Fik reinterpreting Bukovac"

Capture d’écran 2014-01-28 à 09.41.36

Filming an artist is never easy. The risk of betraying his work is great : either the film stays on the surface and has no place to be, or it tries to explain, understand or criticize and then takes the place of the spectator. The challenge, thus, is to observe, to show the artist at work to capture when the piece of art appears.

The opportunity to film the last phase of preparation of the photographic performance by 2Fik at Zagreb was too good to be refused. In his work, 2Fik questions identity, relationship to culture , society, gender, through situations in which the characters exhibit traits to which others react. The peculiarity is that 2Fik embodies each of these characters, hence each photo is a performance in itself.

If the performance as such is impressive, more than 5 hours in Zagreb, I have to say that these is backstage that interest me the most. How to embody different characters ? How one man can be successively an angry Muslim, a young pretty woman, a child or a manifestation of collective madness? We are here very close to the actor, the difference is that exposure in this case is not directly facing the audience, but mediated by the photograph : the artist is alone facing himself in front of the objective.

The fitting gradually reveals a gallery of portraits all with their own personality, the differences at first glance are perhaps not the ones that make the difference about gender, sex, religion or culture become more and more a joint construction of the world, in between self and the others .

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Filmer un artiste n’est pas évident. Le risque de trahir son œuvre est grand: ou bien le film reste en surface et n’a pas lieu d’être, ou bien il tente d’expliquer, de critiquer ou de comprendre et se substitue alors au spectateur. L’enjeu est bien d’observer, de montrer l’artiste à l’ouvrage pour saisir le passage à l’œuvre.

L’occasion de pouvoir filmer la dernière phase de préparation de la performance photographique de 2Fik à Zagreb était trop belle pour être refusée. Dans son travail, 2Fik questionne l’identité, le rapport à la culture, à la société, au genre, pour se faire il conçoit des scènettes, des situations dans lesquels les personnages manifestent des traits relevant de ces catégories de sorte à ce qu’ils évoquent chez d’autres des réactions et des comportements. La particularité est que 2Fik incarne chacun de ces personnages, d’où le fait que chaque photographie soit une performance en soi.

Si la performance en tant que telle est impressionnante, plus de 5 heures à Zagreb, j’avoue que ce sont les coulisses qui m’intéressent le plus. Comment incarner différents personnages? Comment un même homme peut successivement être un musulman en colère, une jeune femme apprêtées, un enfant ou la manifestation d’une folie collective? Nous sommes ici très proche de l’acteur, à la différence que l’exposition, dans ce cas, n’est pas en direct face au public, mais médiatisée par la photographie: l’artiste est seul face à l’objectif, et en coulisses, face à lui-même.

Les essayages font peu a peu apparaître une galerie de portraits tous avec leur personnalité propre, que les différences de prime abord ne sont peut-être pas celles qui font la différence et que la question du genre, du sexe, de la religion ou de la culture se pose plus dans une construction conjointe du monde, dans une relation entre l’autre et soi.

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2Fik: reinterpreting Bukovac #opening


Le générique de début du film “2Fik: reinterpreting Bukovac"... qui sera présenté à Washington le 14 février prochain.

Opening titles of the film “2Fik: reinterpreting Bukovac"... which will be presented in Washington next February 14th.

 

 

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#2Fik @Washington!

Le documentaire sur 2Fik sera projeté à Washington le 14 février 2014 lors de la conférence "21st Annual Lavender Languages and Linguistics Conference"!

The documentary about 2Fik will be screen at the 21st Annual Lavender Languages and Linguistics Conference on February 14th 2014!

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Lectures: Image et pédagogie, Geneviève Jacquinot, Hermès 66

Publication d'une note de lecture sur le livre Image et Pédagogie de Geneviève Jacquinot, dans la revue Hermès, n°66, 2013, pp. 262-263.

"C’est en tant que documentariste nouvellement chargé de former des étudiants de Sciences Po à l’usage de la pratique filmique comme mode d’expression en sciences humaines, que j’ai découvert tout récemment Image et Pédagogie, dans l’édition de 1977, alors même que le cherchais à formaliser les acquis de l’expérience et du croisement de diverses disciplines apparentées comme l’anthropologie visuelle ou le cinéma documentaire. C’est un de ces livres que l’on referme avec le sourire, content d’y avoir trouvé le contenu exact (ou presque) qu’on y cherchait, et avec la satisfaction de se dire que l’on n’aurait pas mieux fait.

Le constat initial de l’élargissement du champ des possibles didactiques qui y est fait (p.13) grâce à l’apparition des moyens de diffusion était valable en 1977 : il le reste aujourd’hui comme il le restera demain. Les moyens ont évolué, c’est une question de technique, mais la question de la pertinence de la perspective de l’exploration de ces possibles reste toujours aussi centrale, c’est une question de didactique. En 1977, le nouveau moyen de diffusion à disposition de la pédagogie était l’audiovisuel: le cinéma ou la télévision. En 2013 nous parlons de vidéo, de film ou de web-documentaire, autrement dit de la même chose. Il s’agit toujours d’image animée et quelque soit sa réalisation, stratégie qui la gouverne devrait toujours être la même.
Dans son introduction, Geneviève Jacquinot déplore que la stratégie la plus rependue consiste à simplement “traduire en image” un contenu prédéterminé pour faire “passer le message” et appelle de ses vœux une nouvelle forme générative d’écriture filmique qui modifierait, dans sa pratique même, le processus d’apprentissage en s’appuyant sur la spécificité du moyen d’expression. Un film n’est pas un article. Les modalités cognitives de saisie de ces deux modes d’expressions sont différentes. Dire ceci n’est pas prôner un relativisme de l’information, mais simplement rappeler une évidence: ces des modes d’exposition ne sont pas équivalents. Le mode d’accès à l’information, fut-elle la même, n’est pas le même.
Comme le rappelle Geneviève Jacquinot, la stratégie didactique doit être tournée vers la pédagogie, c’est-à-dire l’enrichissement du répertoire cognitif de l’apprenant (p.33). Un discours ouvert qui donne à apprendre et non ce qu’il y a à apprendre. Une “pédagogie du processus” (p.129) plutôt qu’une “pédagogie du transport” (p.16). L’apprentissage par l’image est différent de celui par le verbe, justement de par les différences de modalités cognitives en jeu. D’où la nécessité d’éduquer à l’image alors que “la ‘caméra-stylo’ est encore du domaine de l’utopie techniciste et [...] l’analphabétisme audiovisuel reste la chose la mieux partagée” (p.29). Il faut des années d’apprentissage pour commencer à écrire convenablement un article, pourquoi n’en serait-il pas de même pour l’image? De l’argument d’une soit disant génération 2.0 ou d’une “civilisation de l’image” ne dérive certainement pas le caractère inné de la lecture ou de la composition de l’image. Pour faire véritablement de l’image, c’est-à-dire explorer l’ensemble de ses possibles, il est nécessaire de prendre au sérieux le “texte filmique” (p.44) aussi bien comme expression que mode d’expression. Ne pas considérer le “spectateur-élève” (p.65) comme passif, gavé de contenus pré-mâchés mais l’impliquer dans l’apprentissage même, le faire participer à l’image, dans sa réalisation, dans sa vision. Dépasser le “passage du monde mondain au monde du spécialiste” (p.64) qui reproduit l’enseignement classique, frontal, unidirectionnel où le discours est roi et où “les pédagogues ne dont confiance qu’à la parole - à leur parole - et se médifent de l’image” (p.89; d’où le caractère très bavard des films didactiques, comme si un film qui ne disait pas explicitement au spectateur ce qu’il devait voir ne permettait pas de le lui faire comprendre (p.110).
L’image, selon Geneivève Jacquinot, rend “particulièrement apte à développer chez l’usager une faculté de participation et d’élaboration cognitive” (p.115) et donc à apprendre différemment. Le film didactique doit donc être véritablement un film et pour cela exploiter pleinement ses particularités, or la plus part des documents audiovisuels didactiques se caractérisent justement par leur absence de traitement filmique (p.117). Ils ressemblent étrangement à des cours ou des exposés filmés. La caméra n’est alors qu’un simple dispositif d’enregistrement, mais pas une “caméra-stylo”.
Comment alors écrire un film didactique? Geneviève Jacquinot ne répond pas à la question, et ceux qui pensent trouver là un livre de recette seront déçus. Cependant, elle propose une “échelle de performativité didcatique” (p.130) qui permet d’évaluer les films pédagogiques.
“Au degré zéro” se trouvent les cours enregistrés sans aucune écriture filmique, au contenu discursif fort, impliquant très faiblement l’élève pensé comme passif, recevant le contenu dispensé par le spécialiste. “Au degré moyen”, un traitement filmique fait timidement son apparition à travers l’intégration de différents modes de référence, passant du monde du spécialiste au monde de la classe par le commentaire, qui permet au responsable du contenu de grader la main dessus et de minimiser le travail du spectateur. “Au degré plein”, le traitement filmique est complètement exploité, l’élève devient un spectateur actif qui élabore lui-même le savoir à partir du matériau donné par le film.

Image et Pédagogie date de 1977. Sa réédition est bienvuenue parce que on propos n’a pas pris une ride. C’est d’ailleurs pour cette raison que le corps du texte n’as pas été modifié, et le respect de la pagination de la première édition est judicieuse. L’entretien de Geneviève Jacquinot et l’introduction de Jöelle Le Marec mettent l’ouvrage dans son contexte et apportent un éclairage précieux. Il est cependant fâcheux que l’importance de Image et Pédagogie souligne le manque assourdissant de documents de référence sur la question du film didactique. En 2013 il est encore incontournable, non pas comme archive, mais comme pierre angulaire d’un domaine toujours à construire."

L'article en PDF

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“Élections" en VOD!

Le film “Élections, organisation d'un scrutin" est maintenant disponible en VOD (Vidéo à la demande)!

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“Élections, organisation d'un scrutin"

Comment se fait-il qu'il soit si simple de voter en France? Comment en quelques minutes un citoyen peu se prononcer, en une journée un peuple s'exprimer et le soir même des résultats fiables annoncés et acceptés de tous?
La banalité et la simplicité du votre ne doit pas cacher l'organisation méticuleuse de ce processus, par une armée de l'ombre, de ces personnes dévouées qui par leur gestes simples portent la responsabilité de la mise en œuvre de la démocratie.
Au delà des isoloirs et des projecteurs, ce film entre dans les coulisses de la république pour voir et montrer comment s'organise un scrutin et les élections sont possibles.

Un film de Benjamin Sylvand • Real-Fiction • 82 minutes • HDV couleur sonore.
ISAN: 0000-0003-250B-0000-8-0000-0000-D • RCPA n°136106.
Le film “Élections, organisation d'un scrutin" en VOD (Vidéo à la demande).

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#Elections : RCPA

Immatriculation au Registre Public du Cinéma et de l'Audiovisuel du Centre National du Cinéma et de l'Image Animée du film “Élections, organisation d'un scrutin" (n°13106).

ISAN: 0000-0003-250B-0000-8-0000-0000-D

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2Fik: “les joueurs sur le parquet"

L'artiste 2Fik raconte la structure, la construction et la conception de sa photographie “les joueurs sur le parquet", inspirée des “raboteurs de parquet" de Caillebotte.

L'interprétation de notre propre identité, par nous mêmes et par autrui à travers les structures cognitives sociales, ressort avec force dans cette photographie. Le personnage de Benjamin, dans la galerie de portrait de 2Fik, joue à un jeu qui le dépasse puisque jamais il ne pourra avoir fait l'expérience de l'événement qu'il rejoue malgré lui tout en devant pourtant en porter la responsabilité dans ses actes. Une situation aussi anodine que de jouer pour un enfant, ne l'est jamais dans un cadre social et culturel, et peut toujours être interprété de manière plus large et englobante, oubliant peut-être l'intention propre de l'agent et en lui faisant assumer une interprétation qu'il ne comprend pas nécessairement. Le lien entre la culture, la société et la détermination individuelle devient inextricable. La situation du jeu de l'enfant et de sa lecture par l'adulte n'est qu'une métaphore parmi d'autre, tout comme l'est la photographie de 2Fik par rapport à la peinture de Caillebotte. Nous appartenons toujours à un passé qui n'est pas nécessairement le notre, mais celui de la société, de la culture qui nous interprète.

Et pourtant, cette photographie est et reste avant tout une œuvre d'art qui peut et doit être vue, lue et regardée comme telle. Elle est belle, tout simplement. Ses lectures et ses interprétations ne sont que des allées-venues entre le spectateur, sa propre histoire et aux faits culturels auxquels l'image fait référence.

Une œuvre dont on ressort à chaque fois enrichit.

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2Fik à propos de ses séries photos

Le travail de 2Fik porte sur la question de l'indentité, le genre, le multiculturalisme. Dit comme ça, ça sonne un peu pompeux et pourtant son œuvre, ne l'est pas, bien au contraire. Qui suis-je? où suis-je? à qui resemble-je? ces questions métaphysiques prennent une saveur particulière et beaucoup plus pressante, voire angoissante lorsqu'on attend le bus à l'autre bout du monde, dans un pays à la culture différente, aux mœurs différentes, aux déterminations différentes. Mais non pas du point de vue de l'ethnographe, non mais bien de moi, de soi, de la nécessité de se qualifier, de se penser soi-même pour pouvoir franchir à nouveau les frontières de notre être et retourner dans le monde pour accomplir des gestes aussi simples que ceux de marcher dans la rue sans se heurter aux autres ou aux choses, prendre le bus. L'œuvre de 2Fik porte justement sur cet ajustement de soi, de nous, à nous-mêmes et au monde, à notre environnement, à notre manière de l'ameubler d'y faire de la place pour les autres et pour les choses, et donc, en définitive, nous mêmes.

À travers une galerie de personnages qu'il habite et incarne dans des compositions photographiques et des performances, 2Fik, questionne ces différentes manières de s'accommoder de soi, des autres et du mondes. Dans sa seconde série, il investit l'histoire de l'art de son propre regard lui-même mis en perspective par ses caractères, non pas pour les légitimer ou se donner une posture, non, mais bien pour ramener dans le concret de notre quotidien des œuvres que la muséographie tend à garder dans le passé. Le carcan de la composition classique éclate pour laisser à nouveau place à la vivacité de la situation pour comprendre que si ces œuvres sont belles c'est bien parce que le monde l'est et l'artiste est là non pas pour nous le rappeler mais pour nous le faire voir.

Faire voir, c'est bien ce que fait 2Fik dans son travail. Il nous ouvre les yeux sur ces questions aussi cruciales qu'intimes, au plus profond de nous, avec un regard neuf et vivifiant. Nous nous prenons de tendresse pour ces joueurs sur le parquet, clin d'œil au raboteurs de Caillebotte avant de remarquer la situation même de la scène.

Une œuvre à voir et à regarder. L'exposition au centre d'art The Invisible Dog à Brooklyn en était une occasion. Il y en aura d'autres. Ne les manquez pas.

http://www.2fikornot2fik.com/
http://theinvisibledog.org/

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Dessine moi une controverse!
1. Qu'est-ce qu'une carte? Entretien avec Hélène Richard

Comment cartographier une controverse? La question se pose à nouveau avec l'emploi d'un nouveau support d'expression, en l'occurrence, la vidéo. Au lieu de tenter d'apporter des réponses toutes faites à la question, il m'a paru plus intéressant de mener une enquête sur la représentation des controverses, et de commencer par prendre l'expression “cartographie des controverses" au pied de la lettre, donc de chercher à comprendre ce qu'est une carte. Il semble évident que l'expression est métaphorique puisque l'objet à cartographique n'est pas aussi simple à délimiter qu'un territoire géographique, déjà que ce n'est pas aussi évident que ça...

Mais la question de la cartographie n'est pas que celle de la représentation graphique, elle pose davantage celle de l'outil de restitution: pourquoi utiliser la carte plutôt qu'autre chose, et par-là fait apparaitre que la carte est avant tout un objet de communication: elle s'adresse à quelqu'un, pour lui dire quelque chose, de la part de quelqu'un d'autre, d'une certaine manière, en fonction d'un objectif précis.

Ensuite, le moyen d'expression influe sur l'usage et sur le type d'informations véhiculée, comme le montre les différences entre la carte plate et la carte utilisant la projection de Mercator de l'Océan indien. Choisir les bons outils est donc impératifs, évidemment suivant l'objectif de communication suivi.

[Carte nautique de l'Océan Indien et des mers de Chine] Duytsche mylen men tester 15 een graed [ 85 mylen = 96 mms] / By mij Evert Gysberts soon caert Schryver tot Edam. 1599[Océan Indien avec l'île de Sumatra et partie des côtes de l'Afrique du Sud, de l'Australie occidentale et du Sud de Madagascar] / 1667 by Joan Blaeu

La représentation cartographie est un mode d'expression propre, au même titre qu'un texte, par conséquent possède une structure interne qu'il s'agit de comprendre. La distinction entre élément structurant comme la rose de vents et éléments de légendes comme les toponymes ou les drapeaux est particulièrement intéressante pour comprendre le type d'information véhiculée. Une information serait constituante de la représentation même et l'usager doit la maîtriser pour pouvoir utiliser et lire la carte, alors qu'une autre information serait contingente. Cependant est-il envisageable de penser une carte avec l'une uniquement? Un fond de carte, si la chose est posible n'aurait pas de sens, pas plus qu'une légende sans repère, et pourtant l'une est bien dépendante de l'autre. En somme la légende fait apparaître la constitution de la carte qui en est la condition de possibilité, un peu comme l'ombre permet de mettre en relief la lumière.

Les modèles abstraits, par définitions, ne font pas bon ménage avec les contingences de l'expérience. La non coïncidence entre le Nord géographique et le Nord magnétique oblige à tordre le repère mathématique de représentation, soit en superposant deux niveaux, avec une rose de vent principale et une secondaire, ou bien en déformant la réalité du territoire pour qu'elle s'accommode de l'expérience des marins, quoi qu'il en soit la question de ce quoi dire à qui est là encore centrale.

La synthèse des informations pour constituer une carte unifiée du monde connu est nécessairement une construction abstraite, non seulement parce que personne ne peut voir ainsi le monde ou bien que s'il le peut la carte en elle-même ne lui est que de peut d'utilité. Le cosmonaute ne peut lire les légendes et les toponymes sur le contour de l'Afrique de là-où il est... La question de l'échelle ressurgit. L'intérêt cependant est de donner une vision cosmologique justement de l'ensemble pour en comprendre l'architectonique générale, tout en gardant la spécificité de l'échelle locale avec les informations disponibles, toujours en fonction du besoin de l'avoir.

La carte marine est un outil de communication destiné aux marins, elle doit lui permettre d'appréhender, d'anticiper et de planifier son contact avec un territoire, ce faisant permettre les conditions de stratégie, d'une action dans et sur le monde. Une carte à l'échelle 1 serait aussi inutile que paradoxale rappelle Borges, tout comme le serait une carte qui ne s'adresserait à personne ou n'entendrait rien lui dire... et cela vaut aussi pour la géographie cognitive ou à la cartographie des controverses...

L'enquête ne fait que commencer...

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Élections: sur le montage du film

 

Plus je monte le film sur les élections, plus je découvre ce que peut être le sentiment de la démocratie. Comme toujours, c'est dans les coulisses et l'interstices des relations que se joue l'image et ce qu'elle a de plus intéressant.

Alors que le spectacle de l'avant scène est des plus affligeant, ces notables qui se croient intéressants et qui ignorent pour la plus part tout de ce qui est en train de se jouer, ce sont ces hommes et ces femmes de l'ombre qui donnent tout son sens au vote, à l'expression populaire, à la démocratie. Ce ne sont pas des gens de rien parce qu'au contraire ils sont le tout, mais ce ne sont qui s'étonnent qu'on les filme, qui s'excusent de suer parce qu'ils s'activent depuis 3 heures du matin et ont chargé bientôt une tonne de matériel, ceux qui vous disent qu'ils ne font que leur travail, ni plus ni moins que les autres et ne comprennent pas pourquoi ils devraient être mis en avant.

Si cela ne sonnait pas si stupidement romantique, je dirais que c'est le peuple, tout simplement, mais ça sonne trop romantique. Ce sont des hommes et des femmes qui parce qu'ils saisissent l'importance du contrat social, parce qu'ils pensent qu'ils ne peuvent pas changer le monde seul et que le meilleur équilibre est dans la division des tâches, parce qu'ils ne cherchent à savoir comment leur action sera perçu mais se contentent de la faire, d'agir, ancrés dans le présent et construisant l'avenir, ce sont eux qui remarquent les erreurs dans les résultats du vote, d'un regard impartial, implacable, parce que la justice et l'honnêteté doit s'appliquer coûte que coûte ou bien leur tâche même perd tout son sens.

Plus je monte le film plus j'ai l'impression d'une force sourde et puissante vers qui jamais les caméras ne se tournent, alors que la réalité est bien là pourtant.

Ainsi, malgré lui, ce cantonnier devient “La Liberté guidant le peuple", sans aucune mise en scène, sans même personne pour le voir, pour le remarquer, pour y prêter attention. C'est cela que je veux montrer dans ce film.
Ce ne sont pas des révolutionnaires et pourtant, entravez-les et le monde ne tourne plus... différence avec l'utopie: ceux qui rêvent d'un autre monde et ceux qui le font... un film qui ne montre rien d'extraordinaire, que la banalité d'une action bien faite, d'une routine, d'un vote et d'une élection sans anicroche, sans tricherie, sans fraude, mais n'est-ce justement pas cela le plus extraordinaire?

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Filmer le politique | Sciences Po | printemps 2013

 

Comment filmer la politique ? La question est vaste c'est pour cela qu'elle sera restreinte à l'engagement et posée dans le contexte du cinéma documentaire et de l'anthropologie visuelle. Toutefois, pour pouvoir l'appréhender convenablement, il est nécessaire de s'interroger sur la spécificité du cinéma documentaire, notamment par rapport à la fiction, au reportage ou encore la propagande et de s'arrêter sur la lecture et l'analyse d'image ainsi que sur sa composition : que filmer, pour qui, pour quoi. Il convient également de distinguer et de définir à la fois le fait politique et le fait cinématographique afin de pouvoir rapporter l'un a l'autre : quel fait politique le cinéma peut-il saisir et cette visualisation le modifie-t-il ? L'objectif de cet atelier et de rappeler les réquisits théoriques et techniques cinématographiques (plan, séquence, focale, lumière, son, écriture, mise en scène, types de supports, montage, etc.), d'apporter un éclairage à travers des éléments d'histoire du cinéma, en particulière documentaires, de nourrir une réflexion sur les enjeux du problème (action, interaction, profilmie, implication, temporalité, etc.) et d'éprouver ces résultats à travers des exercices pratiques et concrets, c'est-à-dire la réalisation de films.

 

Atelier artistique dispensé à Sciences Po Paris

http://formation.sciences-po.fr/enseignement/2012/BDBA/4165

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Cognitive maps: the example of Diego Guitierrez

This map of the Atlantic by Diego Guitierrez if very much interesting not only because it dates of 1550 but also because of it distortion of Newfoundland and North Canada. This anamorphosis is voluntary and the author perfectly knew what he was doing and the consequences to be condemned by the authorities. Of course, breaking the conventions and the scale in visual representation and most of all mapping is a fault. But sometime it seems that conventions are less accurate or relavant than reflexion and pragmatism.

If Diego Guitierrez decided to represent the North Canada longer that it is actually in regard of the proportion of the other parts of the world is because this visualization is closer to the experience of this part of the world than strictly mathematical one. This is due to the magnetic field of the North which is not on the North Pole but moving somewhere in North Canada, that means that compass does not have a constant attraction according to the position on Earth, and an angle becomes narrow close to the magnetic North the viewing measure would be bigger than there are. Diego put this information inside his map such that using the same compass every where in the North Atlantic will allow to read the landscap as it appears to be within the experience and measures on the field instead of it should be according to the mathematical projection from the North Pole.

But this is still a map, with latitudes and parallels, it permits to draw calculus on this representation of Earth and paths in the World. It is very much interesting that this kind of smart representation has been condemned because it breaks the formalism. In fact, formalism is ou ought to be a tool to mark a certain cognitive representation, not a stranglehold that limits and narrows the thought.

The representation of Atlantic by Diego is deep, bold and highly relevant: it started with formal consideration and mathematical convention, gathered practical knowledge, and reinterpreted the first draft taking in account the user's skills, interpretations and experiences to produce a tool that could be used, i.e. a good tool.

This example fits perfectly with the notion of cognitive map: Diego Guitierrez not only drew the Atlantic, but also the conventions of his time and most of all the reading of the world by the navigators of his time. This is not a picture of the Earth, but rather a cognitive prothesis for seeking a path on the reality. This is rare and precious, relevant and useful.

You can see this map at the French National Library, BNF.

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Cognitive maps: cartography of controversies.

“Belief of the primary sort is a map of neighbouring space by which we steer. It remains such a map however much we complicate it or fill in details. But if we professedly extend it to infinity, it is no longer a map; we cannot take it in or steer by it. Our journey is over before we need its remoter parts.” Frank Plumpton Ramsey  ‘General Propositions and Causality’ (1929)

Broadly, the cognitive space of the agent is the way he conceives his environment, that is, the world  he interacts with. So to speak, this cognitive space works as a map, with marks and known areas and with blind zones that are not even imagined or if so, unexplored yet. The agent uses this map to steer his actions, and an observer can survey the mind of this agent recording carefully his actions, interactions, expectations, desires, beliefs, concepts. Of course this survey is already a way of understanding this cognitive space, that means try to link of the furnishing of this mind in a kind of coherent whole in vertue of a charity principle of rationality, so perhaps the reality is different if any. But a map ought to be useful representation, visualisation of plainly space even sometime in duration, and this usesability implies not a simplification in the broad sense but rather a schematization, a formalization of connexion between variables and constants which stand for the building blocks of the mind that some would call moduls or even terms of mentalese.

How to represent a cognitive map?

Controversies are examples of cognitive interactions, cartography of controversies an example of cognitive or social maps. The difficulty of surveying the controversies is that unlike a landscape, they are not field where happens a battle but rather the battle itself, and the challenge is to try not to draw the terrain from the movement of the troops but rather the strategies of the soldiers. So, so to speak, there here kind of Münchlausen paradox: trying to sound something with no substratum, or at least clear, intuitive and appearing one.

A map is a tool. This very peculiar property even comes before the fact it is visual. As an iconic sign or typography. But what does a cognitive or social map looks like or should look like?

To go deep into this question, which is a very programatic one, several lines must be followed, prospective, theoretical and practical. This is in pursuing investigation, teaching and gathering craft that it will be possible to draw better charts. Cinema is a tool in the survey kit.

My role here at the Medialab of Sciences Po.

 

 

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Documentaire didactique: questions de méthode
Didactical documentay: questions of method

 

Benjamin Sylvand intègre le projet FORCCAST au Médialab de Sciences Po Paris en qualité d'ingénieur pédagogique vidéo.

La question est celle de l'usage du cinéma comme moyen d'expression de connaissance pour les sciences humaines, sociales, politiques et cognitives. Comment réaliser des vidéos comme grains de connaissances comparables à des articles encyclopédiques? Quels sont les enjeux pratiques, techniques et théoriques d'un tel usage?

L'intérêt est évidemment de dépasser le simple usage de l'image comme habillage et illustration pour l'utiliser pleinement son véritable pouvoir. Le pouvoir de l'image c'est le cadran de la montre pour lire l'heure, ce sont les schémas scientifiques pour comprendre un phénomène complexe, c'est le plan du métro pour trouver son chemin.

Le cinéma, en particulier documentaire a démontré sa capacité à construire un regard et une vision du monde qui ne se réduit à aucune autre. Le montage, la temporalité, le cadrage sont autant de particularités cinématographiques qui construisent un espace filmique propre et une exposition de situation particulière.

C'est dans cet lignée que se pose la question d'une écriture filmique épistémologique ou encyclopédique.

Il s'agit d'en délimiter les contours tout en formant les étudiants à sa pratique.

 

Benjamin Sylvand integrates the project FORCCAST of the Medialab at Sciences Po Paris as  video instructional designer.

The issue is the use of cinema as a medium of knowledge in the humanities. How to make videos like grains of knowledge comparable to encyclopedia articles? What are the practical, technical and theoretical issues of such use?

The interest is obviously beyond the simple use of the image as dressing and illustration for the full use of his real power. The power of the image is the face of the watch to tell time,  the scientific schemas to understand a complex phenomenon, it is the metro map to find our way.

Cinema, especially documentary has demonstrated its ability to build a vision and a worldview that can not be reduced to any other. Cut, temporality, framing are all cinematic features that construct a filmic space and an exhibition of own specific situation.

It is in this line that the question of epistemological or filmic encyclopedic.

It is to delineate the contours while training students to practice.

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