Archives de catégorie : cartographie des controverses

Web-doc Garonne

Garonne

Tournage d'un web-documentaire sur la gestion de la ressource en eau sur le Bassin de la Garonne. Depuis quelques années le Bassin de la Garonne est en déficit d'eau, les ressources s'épuisent et ne se renouvellent plus, ce qui se ressent l'été, en période d'étiage, notamment avec la répartition des ressources. Comment cette question est prise en compte? Quelles actions sont menées pour traiter ce phénomène? Comment le changement climatique est inclue et inscrit dans la politique? Comment les modèles scientifiques anticipant la situation à plusieurs années sont pris en compte et interprétés par les différents acteurs sur le terrain.

Ce web-documentaire est une étude sociologique sur le terrain qui vise a dessiner les contours de la problématique de l'eau, menée avec le chercheur Ian Gray de Sciences Po.

Sortie prévue à l'automne 2014.

kayak

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Dessine moi une controverse!
1. Qu'est-ce qu'une carte? Entretien avec Hélène Richard

Comment cartographier une controverse? La question se pose à nouveau avec l'emploi d'un nouveau support d'expression, en l'occurrence, la vidéo. Au lieu de tenter d'apporter des réponses toutes faites à la question, il m'a paru plus intéressant de mener une enquête sur la représentation des controverses, et de commencer par prendre l'expression “cartographie des controverses" au pied de la lettre, donc de chercher à comprendre ce qu'est une carte. Il semble évident que l'expression est métaphorique puisque l'objet à cartographique n'est pas aussi simple à délimiter qu'un territoire géographique, déjà que ce n'est pas aussi évident que ça...

Mais la question de la cartographie n'est pas que celle de la représentation graphique, elle pose davantage celle de l'outil de restitution: pourquoi utiliser la carte plutôt qu'autre chose, et par-là fait apparaitre que la carte est avant tout un objet de communication: elle s'adresse à quelqu'un, pour lui dire quelque chose, de la part de quelqu'un d'autre, d'une certaine manière, en fonction d'un objectif précis.

Ensuite, le moyen d'expression influe sur l'usage et sur le type d'informations véhiculée, comme le montre les différences entre la carte plate et la carte utilisant la projection de Mercator de l'Océan indien. Choisir les bons outils est donc impératifs, évidemment suivant l'objectif de communication suivi.

[Carte nautique de l'Océan Indien et des mers de Chine] Duytsche mylen men tester 15 een graed [ 85 mylen = 96 mms] / By mij Evert Gysberts soon caert Schryver tot Edam. 1599[Océan Indien avec l'île de Sumatra et partie des côtes de l'Afrique du Sud, de l'Australie occidentale et du Sud de Madagascar] / 1667 by Joan Blaeu

La représentation cartographie est un mode d'expression propre, au même titre qu'un texte, par conséquent possède une structure interne qu'il s'agit de comprendre. La distinction entre élément structurant comme la rose de vents et éléments de légendes comme les toponymes ou les drapeaux est particulièrement intéressante pour comprendre le type d'information véhiculée. Une information serait constituante de la représentation même et l'usager doit la maîtriser pour pouvoir utiliser et lire la carte, alors qu'une autre information serait contingente. Cependant est-il envisageable de penser une carte avec l'une uniquement? Un fond de carte, si la chose est posible n'aurait pas de sens, pas plus qu'une légende sans repère, et pourtant l'une est bien dépendante de l'autre. En somme la légende fait apparaître la constitution de la carte qui en est la condition de possibilité, un peu comme l'ombre permet de mettre en relief la lumière.

Les modèles abstraits, par définitions, ne font pas bon ménage avec les contingences de l'expérience. La non coïncidence entre le Nord géographique et le Nord magnétique oblige à tordre le repère mathématique de représentation, soit en superposant deux niveaux, avec une rose de vent principale et une secondaire, ou bien en déformant la réalité du territoire pour qu'elle s'accommode de l'expérience des marins, quoi qu'il en soit la question de ce quoi dire à qui est là encore centrale.

La synthèse des informations pour constituer une carte unifiée du monde connu est nécessairement une construction abstraite, non seulement parce que personne ne peut voir ainsi le monde ou bien que s'il le peut la carte en elle-même ne lui est que de peut d'utilité. Le cosmonaute ne peut lire les légendes et les toponymes sur le contour de l'Afrique de là-où il est... La question de l'échelle ressurgit. L'intérêt cependant est de donner une vision cosmologique justement de l'ensemble pour en comprendre l'architectonique générale, tout en gardant la spécificité de l'échelle locale avec les informations disponibles, toujours en fonction du besoin de l'avoir.

La carte marine est un outil de communication destiné aux marins, elle doit lui permettre d'appréhender, d'anticiper et de planifier son contact avec un territoire, ce faisant permettre les conditions de stratégie, d'une action dans et sur le monde. Une carte à l'échelle 1 serait aussi inutile que paradoxale rappelle Borges, tout comme le serait une carte qui ne s'adresserait à personne ou n'entendrait rien lui dire... et cela vaut aussi pour la géographie cognitive ou à la cartographie des controverses...

L'enquête ne fait que commencer...

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Cognitive maps: cartography of controversies.

“Belief of the primary sort is a map of neighbouring space by which we steer. It remains such a map however much we complicate it or fill in details. But if we professedly extend it to infinity, it is no longer a map; we cannot take it in or steer by it. Our journey is over before we need its remoter parts.” Frank Plumpton Ramsey  ‘General Propositions and Causality’ (1929)

Broadly, the cognitive space of the agent is the way he conceives his environment, that is, the world  he interacts with. So to speak, this cognitive space works as a map, with marks and known areas and with blind zones that are not even imagined or if so, unexplored yet. The agent uses this map to steer his actions, and an observer can survey the mind of this agent recording carefully his actions, interactions, expectations, desires, beliefs, concepts. Of course this survey is already a way of understanding this cognitive space, that means try to link of the furnishing of this mind in a kind of coherent whole in vertue of a charity principle of rationality, so perhaps the reality is different if any. But a map ought to be useful representation, visualisation of plainly space even sometime in duration, and this usesability implies not a simplification in the broad sense but rather a schematization, a formalization of connexion between variables and constants which stand for the building blocks of the mind that some would call moduls or even terms of mentalese.

How to represent a cognitive map?

Controversies are examples of cognitive interactions, cartography of controversies an example of cognitive or social maps. The difficulty of surveying the controversies is that unlike a landscape, they are not field where happens a battle but rather the battle itself, and the challenge is to try not to draw the terrain from the movement of the troops but rather the strategies of the soldiers. So, so to speak, there here kind of Münchlausen paradox: trying to sound something with no substratum, or at least clear, intuitive and appearing one.

A map is a tool. This very peculiar property even comes before the fact it is visual. As an iconic sign or typography. But what does a cognitive or social map looks like or should look like?

To go deep into this question, which is a very programatic one, several lines must be followed, prospective, theoretical and practical. This is in pursuing investigation, teaching and gathering craft that it will be possible to draw better charts. Cinema is a tool in the survey kit.

My role here at the Medialab of Sciences Po.

 

 

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