Archives de catégorie : Conseil & Formation

OuiShare Fest 2017 • Masterclass

OuiShare Fest 2017 • Masterclass

OuiShare Fest 2017 • Masterclass

How do you know whether members of a team are working towards a shared objective? Working together is one of the biggest challenges for any company. Individual knowledge, skills and expertise are not that difficult to find, but enabling your team to work collaboratively is much more difficult.
This Masterclass will teach participants a method called co-construction, which makes it easy for teams to develop a shared objective and ensure that each team member is working on the same project.

Link to the page of the masterclass: http://sched.co/Ag6Y
Link to the OuiShare Fest: http://paris.ouisharefest.com/

 

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Quand former?

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Pédagogie digitale: le numérique et la formation

"Le digital est une révolution pour la formation. 
Quand je parle de formation, j’inclus l’enseignement, l’éducation, la pédagogie, l’andragogie (la formation pour adulte), la formation professionnelle et continue, bref tout ce qui permet d’apprendre quelque chose.

Le digital est une révolution, et quand je dis digital, je parle de tout ce qui permet d’utiliser le numérique, de manière connectée en ligne ou hors ligne, quand je parle de digital, je parle en fait d’un média.
À proprement parler le digital concerne un format, une mise en digit de l’information, par opposition à l’analogique. Cette distinction à fait débat dans les milieux du cinéma et de la photographie, pour savoir si c’était un mieux ou un mal et si cela n’allait pas ruiner complètement un art dont la finesse et la subtilité toute physique et chimique ne pouvaient se réduire à quelque chose d’aussi bassement mathématique, logique et informatique. Pourtant la révolution est passée par ici et franchement je ne suis pas sûr que le profane y ait vu grand-chose. Là où le cinéma devait mourir, les salles ne se sont jamais aussi bien remplies et les DVD, VOD et autres supports, vendus. Bien sûr, qui n’a pas développé de l’EKTA 16mm dans un laboratoire artisanal, filmé à la Bolex et projeté sur un écran de drap tenu manque peut-être quelque chose, n’empêche qu’il est bien plus pratique et confortable de filmer avec un appareil photo numérique, de regarder immédiatement le résultat sur l’écran LCD et de le diffuser sur YouTube. Plus rapide, plus propre, ça touche plus de monde et ça coûte moins cher. Donc le digital, quoi qu’on en dise, c’est le présent, c’est rentré dans les moeurs et il y a peu de chance qu’on revienne en arrière.

De même que de ne pas avoir de smartphone est plutôt vu, perçu et pensé comme une bizarrerie. Il est plus simple de réserver son billet de train en ligne et de l’avoir sous forme de QR code, réserver une voiture privée est plus commode que de siffler un taxi, de payer en ligne plus rassurant qu’avoir une liasse de billets, regarder sur Wikipedia plutôt que dans le Petit Robert, se diriger avec Waze qu’essayer de lire une carte, qu’envoyer un mail plutôt qu’une lettre, etc. etc. Certes.

Le digital c’est révolutionnaire, ça permet de toucher plus de monde, plus rapidement, moins cher, dans l’espace et dans le temps. Du point de vue de la formation c’est très pratique: au lieu de faire un cours une fois devant une poignée de personnes, plusieurs centaine voire de millier peuvent assister au même cours de manière synchrone ou asynchrone et le revoir. Dans le milieu universitaire, cela fait peur. Des enseignants m’ont dit que cela allait vider les amphithéâtres et les universités. 
Toucher plus de monde dans l’espace et le temps. C’est ce que permet le livre imprimé par exemple. C’est ce qu’on lui reprochait aussi à l’époque de vider les universités. En fait, non. 

Les Mooc (Massive Open Online Course, cours massivement ouvert en ligne) ont débarqué il y deux ou trois ans en France, après une petite dizaine d’années aux États Unis. La crainte s’est ravivée avec tout de même l’attrait de la nouveauté. Des universités, le service public avec la plateforme FUN (France Université Numérique) s’y sont mis. Résultat mitigé. Mais les craintes ne se sont pas vraiment avérées vraies. 

Cependant, le digital est une révolution pour la formation, oui. Tout comme le livre a pu l’être, ou la radio, ou la vidéo.
Si le digital ne change pas fondamentalement l’apparence du savoir et de sa transmission, les opportunités et les possibles qu’il ouvre engage des changements plus profonds dans l’approche et la conception du savoir et de sa transmission. 
S’il devient possible de toucher plus de monde plus facilement dans l’espace et dans le temps, cela signifie que les contraintes locales n’en sont plus. Vous devez plus étudier en France parce que vous être en France, à Lyon parce que vous êtes à Lyon. Rien de vous n’empêche maintenant de suivre un cours de Stanford ou de Harvard alors même que vous êtes à Lyon ou à Longyerbyen, au Svalbard. Mais cela signifie également que vous pouvez choisir votre enseignant permis d’autres, non plus parce qu’il dispense des cours dans l’université près de chez vous, mais parce qu’il vous intéresse. Cela modifie fortement le paysage de l’offre et de la demande, et la concurrence entre les pourvoyeurs de savoirs, ce qui n’était pas le cas avant. Les livres ont créé des autorités. Le digital de même. Prenez l’exemple des conférences TED.

Le Mooc « géopolitique de l’Europe » que j’ai produit, avec Sylvain Kahn, Thomas Raineau et Philippe Perchoc à Sciences Po, a pendant 5 mois été suivi par 13000 apprenants. C’est plus qu’il n’y a d’inscrits à Sciences Po. C’est 100 fois plus que n’en touche un cours à Sciences Po sur une année.

Cependant, le revers de la médaille, c’est que le public n’est pas le même que celui auquel les enseignants sont habituellement habitués. Ce n’est pas nécessairement, en majoritairement, un public estudiantin, mais plutôt un public actif, je veux dire qui est déjà en activité professionnel. C’est plutôt un public comme vous en gros.

Alors, pensez à vous, pensez à ce que vous aimeriez suivre comme enseignement et comme formation, et de la manière dont vous voudriez le suivre… Réfléchissez et demandez-vous si un cours théorique par un prof statique devant une caméra mal éclairé pendant deux heures est vraiment ce qui vous donnerait envie… Voilà le problème. Le problème est celui de la littératie: de l’écriture digitale. Parce qu’indépendamment des questions techniques et d’infrastructure (la bande passante, la fibre, l’ordinateur, le codage) le digital est un média, et il doit aussi être pensé en tant que tel.

L’arrivée du digital devait être révolutionnaire parce qu’elle allait faire mourir des métiers. C’est vrai. Dans le cinéma, les monteuses (terme essentiellement féminin, malgré les deux sexes) ne montent plus avec des ciseaux, le tireur ne tire plus, certes, ces métiers ont disparu avec les nouvelles techniques. Tout comme les hôtesses de caisses (même remarque) ne survivent pas aux caisses automatiques, tout comme les taximen ne vont pas survivre aux voitures autonomes, tout comme les wattmen n’ont pas résisté aux métros automatiques… Les postes ont changé voire les métiers, mais est-ce que les métros se conduisent vraiment tout seuls? 
Les films ne se montent pas tous seuls (les applications en ligne qui vous le promettent sont très décevantes…), les outils pour le faire ont changé et donc avec les savoir-faire techniques, mais les principes du montage restent les mêmes, un fondu enchaîné reste un fondu enchaîné. Je présume que la gestion du trafic reste toujours une gestion du trafic, que les aiguillages soient manuels ou automatiques, non?

La question de l’écriture du digital ou avec le digital, couplée avec la question des possibilités offertes modifie l’approche du sujet.
Plus d’offres, plus de choix, donc plus de concurrence donc un public plus exigeant. C’est là l’un des impacts les plus importants: l’exigence du public. La génération « zapping » n’est pas moins constante que les autres, elle a simplement la possibilité d’être moins captive… et donc de pouvoir aller voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Au lieu de vouloir la contraindre ou la blâmer, il faut au contraire essayer de l’intéresser et de la captiver davantage. Deux solutions: une simple et une difficile. La simple: le populisme, la démagogie. La compliquer: la vulgarisation, l'explicitation.
La première détériore la qualité et sombre dans une propagande dangereuse, l’autre essaie de rendre accessible ce qui est complexe. Mais ça ne digital, le numérique ne tranchera jamais pour vous. Inutile de blâmer Twitter parce qu’une organisation terroriste sait s’en servir mieux que d’autres. C’est se tromper de combat. L’injonction est bien plutôt celle de toujours faire l’effort d’essayer de s’ouvrir de se rendre accessible, de faire grandir, de continuer à construire et apporter sa pierre à l’édifice du monde tel qu’on aimerait qu’il soit, plutôt que d’attendre les bras ballants qu’il advienne. Ce n’est pas simple ni facile à dire, certes, mais c’est toujours gratifiant d’essayer de faire plutôt que de se retrouver dans des situations que franchement nous ne souhaiterions à personne.

La littératie, l’écriture digitale donc. Le digital, pour la formation, permet l’interactivité (des quizz, des serious games...), du partage (learning by doing, learning by teaching, social learning), le multimédia (vidéo, texte, son…), et ce sont toutes ces nouvelles possibilités, jusque là compliquées à mettre en œuvre qu’il faut apprendre à utiliser et exploiter. Et c’est là l’une des premières difficultés. Les enseignants ne comprennent pas toujours pourquoi on leur dit que leur texte est trop long pour la caméra ou que leur diction n’est pas bonne. Ils se vexent… il faut aussi apprendre la diplomatie, certes. Mais parce que la caméra demande un certain format: 164 mots/minutes selon la BBC. Demande un certain rythme: relancer l’audience toutes les 4 minutes...

Écrire un enseignement plutôt que de l’improviser à modifié la manière d’enseigner, c’est l’apport de l’écriture. Le digital modifie le rythme et l’approche au contenu et au public. Il faut en tenir compte.

Si maintenant vous vous souvenez que l’audience, le public visé ici c’est vous, si vous avez suivi des Mooc, des conférences, des cours, en ligne ou non, demandez-vous ce que vous vous voudriez recevoir comme formation et comment… et dites-vous si vous trouvez vraiment ce que vous cherchez… Réfléchissez maintenant à comment vous apprenez réellement...

Les Mooc, Cooc, Spoc et autres sont certainement les premières prémisses d’une modalité d’accès au savoir qui vont vite évoluer pour aller vers des formes plus diffuses, plus modulaires, plus sociales, plus co-construites, plus difficile à suivre et à élaborer, mais plus pertinentes et efficaces, avec plus d’interactions informelles… et des actions de maintien et de renforcement du savoir, avec des rappels et des activités impliquantes. Ce n’est pas là une prédiction dans le marc de café, mais bien une nécessité, parce qu’en fait c’est comme cela que nous apprenons et que nous apprenons là, au présent, maintenant, avec les outils dont nous avons à disposition.

Les fondamentaux du savoir, de la connaissance et de l’apprentissage n’ont pas changé avec l’imprimerie  pas plus qu’avec le digital, pas plus que les fondamentaux du déplacement humain n’ont pas changé avec l’arrivée des transports en commun. Cependant, les rendre plus simples ouvre des possibilités qu’il faut exploiter de manière intelligence au risque d’être déceptif. Cela oblige à l’exigence et à l’excellence. Ce qui n’est pas simple. 

Mettre l’apprenant au centre de la relation de l’apprentissage, c’est déplacer le centre d’équilibre de l’enseignant vers l’élève qui devient un «progressant» dans le vocabulaire de Cicéron. C’est déplacer le centre du pouvoir de celui qui possédait l’information et le savoir vers celui qui sait exploiter le savoir, faire le tri dans la myriade d’informations disponible, qui sait apprendre à apprendre.  Et c’est là effectivement une véritable révolution.

Cette révolution qu’on appelle « le nouveau monde » dans la littérature du management  ou « pédagogie active » ou « moderne », n’est en fait que ce que faisaient déjà Sénèque, Cicéron, Epictète, Socrate, ou Descartes… bref, que du bon sens. C’est rassurant. Mais cela ne suffit pas de le dire. Il faut le faire. Le digital le permet, alors faisons-le.

Alors comment apprend-on autrement?

Comment apprenez-vous autrement?
Vous voulez faire un biscuit de Savoie, mais vous ne savez plus trop la recette. Comment faites-vous? Vous allez certainement chercher sur internet, taper dans un moteur de recherche et regarder ce qui remonte ou aller sur un site que vous connaissez, que vous avez peut-être déjà consulté, et chercher une recette. Comment allez-vous choisir parmi les différentes recettes proposées? Le site? S’il y a ou non une photo, une vidéo, un tutoriel? Le nombre de votes de la recette? Le profile de celui ou de celle qui l’a publié? Son nombre de connexions, de publications, de votes, de personnes qui la recommandent? Les commentaires?
Pourquoi faites-vous cela? Parce que vous voulez trouver tout de suite l’information que vous cherchez de la manière la plus simple, la plus rapide, la plus efficace, la plus lisible, la plus visible, n’est-ce pas? Mais aussi l’information la plus fiable, la plus solide, la plus pertinente, non?
Pour cela vous ne vous fiez pas uniquement à la source, mais vous voulez aussi savoir ce que les autres en disent, non?
Tout cela pour faire un biscuit de Savoie. Si vous parvenez à en réaliser un et qu’il vous convient, vous allez peut-être renforcer votre biais cognitif envers cette source d’information en considérant qu’effectivement elle est fiable et efficace. Peut-être même allez-vous partager votre avis, votre expérience en publiant une photo ou un commentaire voire en évaluant la source histoire de dire que vous la cautionnez et que vous la renforcez. Si par contre vous avez échoué, peut-être allez vous déconseiller cette source.
Donc vous vouliez faire un biscuit de Savoie, vous ne saviez pas ou plus comment faire, vous avez chercher de l’information, vous l’avez trouvé, vous l’avez suivi, vous avez réalisé ce que vous souhaitiez avec succès. Félicitations, vous avez appris quelque chose ou renforcé et réactivé un savoir que vous possédiez. 
Un savoir, une connaissance qui s’applique dans une situation de sorte que vous puissiez agir dans cette situation en fonction de cette connaissance et de ce savoir devient une compétence. Renforcer une compétence créé une habitude ou une aptitude qui permet de changer le comportement de sorte à pouvoir être de plus en plus opérationnel et performant dans un contexte similaire et comparable à cette situation paradigmatique. C’est ce qu’on appelle l’expérience, et qui fait qu’une l’action répétée est moins coûteuse cognitivement que l’action précédente. C’est la base de la productivité que recherche l’entreprise.
Vous avez appris quelque chose.
Avez-vous eu le sentiment d’apprendre quelque chose? Si je vous racontais cette histoire, auriez-vous le sentiment qu’il s’agit là d’apprentissage?

C’est l’un des aspects du problème avec le numérique, c’est une question d’image. C’est comme le montage au cinéma, un très bon montage est un montage que le spectateur ne voit pas parce qu’il regarde l’image et suit histoire. Le fond et non la forme.
Pour le savoir, c’est pareil. On apprend beaucoup sans avoir l’impression d’apprendre. Les fameux 70:20:10 (10 d’apprentissage formel, 20 par les managers, 70 par l’action). 
On apprend de manière informelle, et le digital favorise l’informel par l’accès à une mine considérable d’information, mais cela ne donne pas nécessairement l’impression d’apprendre. D’autant que ce n’est pas parce que vous surfez sur le net que vous êtes en train d’apprendre quelque chose, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

Apprendre autrement, c’est apprendre par la mise en situation. Il paraît qu’on ne retient: 10% de ce que nous lisons
20% de ce que nous entendons
30% de ce que nous voyons
50% de ce que nous entendons et voyons
80% de ce que nous disons
90% de ce que nous faisons.
C’est pour cela que les simulations et les mises en situation fonctionnent bien pour l’apprentissage.

Dans le Mooc « géopolitique de l’Europe » dont je vous ai parlé, nous avons tenté l’expérience en créant de petits « serious games ». C’était une mauvaise idée de les appeler des « serious games », ça faisait fun et trendy, mais des apprenants nous ont dit qu’ils ne les avaient pas faits parce qu’ils étaient trop intelligents et avaient passé l’âge de jouer. Il s’agit plus tôt de mise en situation. Ici, vous incarnez un rôle, un acteur de l’Union européenne, vous avez une mission à accomplir, des choix vous sont proposés et vous devez essayer de réaliser au mieux votre mission. La contrainte que j’avais posée et que tous les choix proposés devaient être plausibles, de sorte que vous appreniez quelque chose quoi qu’il arrive. Parce que nous n’avions pas d’argent pour les développer, j’ai détourné un logiciel de web-documentaire et le graphisme est des plus minimal. Pour des raisons techniques, nous ne pouvions pas tracer individuellement les apprenants alors les jeux étaient des bonus qui n’étaient pas comptabilisés dans le résultat du Mooc.
13000 apprenants. 10% ont obtenu une attestation de réussite à plus de 75% de l’ensemble des activités. C’est un bon score pour un Mooc, la moyenne est à 6%. Le taux d’attrition de ces modalités est catastrophique. Il faut se poser la question de l’efficacité de cet usage du digital pour la formation, mais c’est une autre question.
5000 apprenants ont fait les serious games. C’est mieux que prévu. Près de 4000 (80%!) ont fait les 6 jeux (1 par séance, 6 séances)… et 3000 (60%!) les ont faits plusieurs fois pour essayer plusieurs solutions et combinaisons du jeu. C’est plutôt pas mal comme taux d’attrition.
Comment expliquer cela? Parce que c’était intéressant m’ont dit certains apprenants, parce qu’on avait l’impression de participer à l’Europe m’ont dit certains. Parce que c’est concret, parce que c’est pratique, parce que c’est appliqué, parce que c’est impliquant, parce que c’est impactant, parce que ça fait sens, parce que ça nous parle. Vous apprenez en faisant.

Ici il s’agit de la géopolitique de l’Europe… imaginez donc, il y a plus sexy comme sujet.
Imaginez que vous vouliez former quelqu’un à la conduite d’un tramway sans chauffeur. Un cours théorique ou une simulation 3D immersive?

Imaginer maintenant la place de l’enseignant/formateur? Vous voyez maintenant la révolution qu'opère  le numérique en matière de formation?

Imaginez maintenant que vous cherchiez à faire une opération dans un tableur, chose que je suis incapable de faire. Comment faites-vous? N’est-ce pas plus simple de demander de l’aide à quelqu’un en lui passant un coup de téléphone, de lui écrire un mail, de lui envoyer un message dans un chat? Imaginez maintenant un réseau social d’entreprise dédié à ce type d’entraide, ou comme sur un profil professionnel vous pouvez indiquer vos compétences, savoirs, centres d’intérêt de sorte que vous puissiez demander à quelqu’un qui dit savoir, qui est éventuellement reconnu pour son savoir, comme pour la recette du biscuit de Savoie, de sorte que même si vous ne le connaissez pas directement vous pouvez le lui demander et qu’il puisse vous aider.
Vous apprenez dans l’échange, sur votre problème, mais aussi potentiellement sur autre chose, à connaître quelqu’un par exemple, en nouant des contacts, des relations, en partageant du savoir. Le savoir devient coopératif et social.

Imaginez que vous sachiez faire un biscuit de Savoie avec une recette personnelle ou familiale, imaginez que vous décidiez de la publier, de faire une vidéo, un tutoriel. Si vous ne savez pas faire de biscuit de Savoie, vous savez sans doute autre chose. Partager, communiquer, transmettre. Vous pouvez sortir quelqu’un de l’embarras, mais aussi cela fait du bien, c’est une forme de reconnaissance, de valorisation. Vous apprenez aussi en transmettant votre savoir, en enseignant.

Imaginez que vous contribuiez comme cela de manière collective, sur un blog ou un wiki par exemple, en co-construisant un savoir partagé. 

Vous voyez maintenant ce qu’est effectivement la révolution de la formation digitale. Elle n’est pas tant dans le fait qu’elle soit digitale qu’elle soit rendue plus simple par le digital. Le savoir, la connaissance, n’est plus une chose rigide, figée, scellée, mais une matière vivante en éternel devenir qui sert à consolider les meilleures pratiques du passé et du présent pour construire l’avenir, pour appréhender le champ du possible qui s’ouvre là, à l’orée du présent.
Les Lumières rêvaient que « l’Encyclopédie » rende l’Homme plus libre en possédant sa propre capacité d’analyse.
Le digital permet à l’Homme d’aujourd’hui de pouvoir partager et contribuer facilement. Si cela est fait et pensé dans le dessein de développer les Hommes, alors l’apport en sera bénéfique et tout le monde en sortira grandi. Cela demande un effort, une prise de risque et une responsabilité qui appellent constamment à l’exigence de l’excellente. Ce n’est pas facile. Rien n’empêchera les racontars et autres bobards qui tant qu’ils restent potaches peuvent encore s’admettre, mais qui n’empêchent pas la stupidité et les massacres. Là encore blâmer le véhicule est se tromper de cible.

Ce que je veux dire par ici et s’il fallait retenir une idée de mon propos, c’est que le digital est un outil qui est bien de notre temps et qui nous facilite bien la vie. Comme tous les outils il n’est pas inné, même pour les digital natives, ce n’est pas parce qu’il est évident que son appropriation et son maniement ne doivent pas s’acquérir. Il faut de la littératie du digital. Le digital en lui-même ne change pas grand-chose, il en permet simplement plus de choses en en facilitant d’autres. C’est cet espace des possibles qu’il s’agit alors d’investir. Le sens de cet investissement ne dépend pas du digital pas plus que la direction du voyage du véhicule. 
L’attrait de la nouveauté ne doit donc pas provoquer une fuite en avant et faire oublier les fondamentaux du savoir, de la connaissance, des compétences, de la formation et de l’apprentissage. 
La connaissance est le meilleur investissement que vous puissiez faire (12% de rendement selon certains économistes, cf. Becker) et en temps de crise (sociale, politique, économique ou autre) le plus important est de songer comment en sortir en se préparant au monde meilleur que nous souhaitons construire cela signifie apprendre de ses erreurs et être prêt pour mieux… donc apprendre, donc se former.
Le digital et le numérique sont des outils facilitateurs, c’est en ce sens qu’il faut les employer.
Le reste ne dépend que de nous."

Benjamin Sylvand
benjamin.sylvand@real-fiction.fr
http://real-fiction.fr

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