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2Fik: Reinterpreting Bukovac #movie

You can now watch the film “2Fik:Reinterpreting Bukovac" online for free with English and French subtitles!

Vous pouvez maintenant regarder le film “2Fik:Reinterpreting Bukovac" en ligne et gratuitement avec sous-titres en anglais et en français!

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2Fik: Reinterpreting Bukovac #commentary

Version française à la suite du texte anglais.

"When I see these images, when I observe what is happening, two modes, two types of transformation appear to me. And it seem to be more and more important to distinguish one from the other.
The first transformation, the term is not the best, is "mental" , while the second is "physical". Of course this distinction is artificial, since the mental transformation appears only because it is physical and the physical, I guess, requires the mental one. However, the longer I observe, the more and more different each becomes, and this growth in difference itself make a difference.
The mental transformation is the one that was taking place in the room earlier when 2Fik was alone imagining, conceiving and fixing the outfits of the different characters.
The physical transformation is the one that occurs in front of the museum, with the hair trimmed, beard and mustache shaved, according to age, sex, in order to best inhabit, or embody the nature of the character in a way that can be transposed by the photo. This transformation is spectacular and gives its strength to the performance, perhaps even more than the photo.
It is this physical transformation that which give surprise to the viewer, who, at first glance, does not recognize that all the characters are played by the same man, 2Fik himself.
But I must admit that the really dramatic change for me is the mental transformation. The term is not very adept, but I cannot find a better one for the moment. What I mean, what I'm trying to verbalize, is the transformation that has taken place in the room before the photos are shot. And seeing the two, the before and after, I think that the first may be sufficient or is even stronger because more tenuous , more subtle perhaps, but definitely more difficult to observe. The characters parading in front of lens are all different one from another, all have their own personality even if the artist still has the same beard.
The beard, the hair are not the difference that makes a difference. The uniqueness of each character is to be found elsewhere. All are different because they are thought different, as such, for themselves , this conception gives them an identity that does not come from a comparison with the other but a cluster of characteristic traits. It is not the physical as such but the mindset, the behavior, the way of being that make them what/who they are.
The beard is not enough, a shrug is. A look, a pout, a slouch is enough to place the character in his or her mode of being, of living in the world. A salient feature that suggests a singularly cognitive space which the character incarnates.
If the clothes do not make the man, the way of wearing them does. We are closer to an actor of opera or kabuki theater that transvestism. And this is where the miracle happens. These ways of being, these modes of existence, these postures, this non-verbal features, these attitudes, these states of mind make personalities, characters that the artist embodies.
Age, sex, size and even skin color seem different from one to another, amazingly. Without having to pass the physical performance, attitude, proxemics are already enough. This is what the camera reveals and what these images show.
That raises the question about what in fact makes the difference, or, what are the differences that make a difference.
These characters are not what they are by their physical attributes but much by their way of living, of being in the world. Here sex does not matter, sexuality does, attraction does. Age does not matter, only the adequation with the present does. Characters do not appear by themselves or in how the other, that means us, perceive them, which would suppose an essentialist ontology independent of a relationship to the other. No. The character exists because we perceive it, and we perceive it thus because it gives itself as such. If each one does correctly its part then this perception, this interpretation should be compatible on both sides, otherwise one will be in delusion whereas the other in prejudice.
What reveals the image is that the character is revealed in the way of being apprehended, in an in-between and we are finally all the character of another.
If the photo by 2Fik is a self portrait it is only of ourselves, an elegant and powerful way to remind us that we do not yet know how to see, that a single character can appear in many different ways. We stop at insignificant details, at appearances; we lose sight of the crucial aspects and miss the best : the mode of being . These are the differences that make a difference. What is shown by these two modes of transformation. The approach of the artist. His performance, his photo."

« En voyant ces images, en observant  ce qui se passe, apparaissent deux modes, deux types de transformation qui me semblent être de plus en plus différents l'un de l'autre et important de distinguer l'un de l'autre. Le premier est, disons, mentale, alors que le second est physique. Bien évidemment, dit ainsi, cette distinction est artificielle, puisque la transformation mentale n'apparait que parce qu'elle est physique et la physique suppose, il faut l'espérer, la mentale. Cependant elles sont de plus en plus différentes et c'est, il semble, cette différence qui fait effectivement une différence. 

La transformation mentale est celle qui s'opérait dans la chambre tout à l'heure, lorsque 2Fik était seul et imaginait, concevait, fixait les tenus de ses différents personnages. La transformation physique est celle qui le conduit, sur le parvis du musée, à se couper les cheveux et se raser le barbe suivant l'age, le sexe, et le caractère du personnage afin de l'incarner au mieux, en fait pour la photo. Cette transformation est spectaculaire et c'est elle qui procure aussi sa force à la performance, plus encore peut-être qu'à la photo. C'est cette transformation physique qui fait que le spectateur ne reconnait pas du premier coup d'œil que tous les personnages sont interprétés par le même homme, 2Fik lui-même.

Mais je dois avouer que la transformation vraiment spectaculaire à mes yeux est la transformation mentale. Le terme n'est pas très heureux mais je n'en trouve pas de mieux pour le moment. Ce que je veux dire, ce que j'essaie de verbaliser, est la transformation qui s'est opérée dans la chambre avant et qui a permis la transformation physique. Et en voyant les deux je me dis que la première suffit peut-être ou est plus forte encore car plus ténue, plus subtile peut-être, plus difficile à observer au moins. Les personnages qui défilent devant l'objectif sont tous différents les un les autres, tous ont leur personnalité, leur caractère alors même que l'acteur porte toujours la même barbe. Cette barbe, ces cheveux ne sont pas une différence qui fait une différence et c'est ailleurs qu'il faut chercher la singularité de chacun des personnages. Ils sont différents parce qu'ils sont pensés différents, comme tels, pour eux-mêmes, cette conception leur confère une identité propre qui ne vient pas d'une comparaison avec les autres mais bien d'un faisceau de traits caractéristiques propres. Ce n'est pas le physique en tant que tel mais l'état d'esprit, le comportement, la manière d'être. La barbe n'est pas suffisante, un haussement d'épaule si. Un regard, une moue, un déhanché suffisent pour camper le personnage dans sa manière d'habiter le monde. Un trait saillant qui apparait à travers la carapace et laisse entrevoir l'espace cognitif propre du personnage, qui pousse, qui croit de l'intérieur même. Si l'habit ne fait pas le moine, la manière de le porter si. Nous sommes plus proche de l'acteur d'opéra ou tu théâtre kabuki que de travestissement.

Et c'est là que le miracle opère. De ces manières d'être, de ces modes d'existences, de ces postures, de ce non-verbal, de ces attitude, de ces états d'esprit surgissent des personnalités, des personnages qui s'incarne dans l'artiste. L'age, le sexe, la taille et même la couleur de peau semblent différents, de l'un à l'autre. Et c'est là ce qu'il y a d'extraordinaire. Sans même devoir passer la performance physique, l'attitude, la proxémique déjà suffisent. Et c'est ce que révèle l'objectif, ce que finissent par montrer ces images. Et cela questionne sur ce qui fait la différence, les différences qui font des différences. Ces personnages ne le sont pas de par leurs attributs physique mais leur manière d'habiter, d'être au monde. Le sexe n'a pas d'importance, c'est la sexualité, l'attirance, l'attraction qui en aurait. L'âge ne compte pas, seul son adéquation avec le présent compte. Les personnages n'apparaissent pas en eux-mêmes ni dans la manière dont les autres, nous, les percevons, ce qui poserait une ontologie essentialiste oubliant la relation de l'un à l'autre. Non. Le personnage n'est que parce que nous le percevons ainsi, et nous le percevons ainsi parce qu'il se donne à percevoir ainsi. Si l'un et l'autre fait correctement sa partie alors cette perception, cette interprétation sera compatible des deux côtés, sinon l'un sera dans l'auto-délusion, l'autre dans le préjugé... Non, ce que révèlent l'image c'est que le personnage n'est révélé que dans la manière d'être appréhendé... et finalement nous sommes tous des personnages pour les autres.
Si la photo de 2Fik est un autoportrait ce n'est que de nous-mêmes finalement, une élégante et percutante manière de nous rappeler que nous ne savons pas voir, pas voir d'un même personnage peut apparaitre d'autant de façons différentes. Et que nous arrêter aux détails, aux apparences, c'est perdre de vue l'essentiel et manquer le meilleur: la manière d'être. Ce sont là les différences qui font des différences. Ce que révèlent ces deux modes de transformation. La démarche de l'artiste. Sa performance, sa photo. » 

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About "2Fik reinterpreting Bukovac"

Capture d’écran 2014-01-28 à 09.41.36

Filming an artist is never easy. The risk of betraying his work is great : either the film stays on the surface and has no place to be, or it tries to explain, understand or criticize and then takes the place of the spectator. The challenge, thus, is to observe, to show the artist at work to capture when the piece of art appears.

The opportunity to film the last phase of preparation of the photographic performance by 2Fik at Zagreb was too good to be refused. In his work, 2Fik questions identity, relationship to culture , society, gender, through situations in which the characters exhibit traits to which others react. The peculiarity is that 2Fik embodies each of these characters, hence each photo is a performance in itself.

If the performance as such is impressive, more than 5 hours in Zagreb, I have to say that these is backstage that interest me the most. How to embody different characters ? How one man can be successively an angry Muslim, a young pretty woman, a child or a manifestation of collective madness? We are here very close to the actor, the difference is that exposure in this case is not directly facing the audience, but mediated by the photograph : the artist is alone facing himself in front of the objective.

The fitting gradually reveals a gallery of portraits all with their own personality, the differences at first glance are perhaps not the ones that make the difference about gender, sex, religion or culture become more and more a joint construction of the world, in between self and the others .

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Filmer un artiste n’est pas évident. Le risque de trahir son œuvre est grand: ou bien le film reste en surface et n’a pas lieu d’être, ou bien il tente d’expliquer, de critiquer ou de comprendre et se substitue alors au spectateur. L’enjeu est bien d’observer, de montrer l’artiste à l’ouvrage pour saisir le passage à l’œuvre.

L’occasion de pouvoir filmer la dernière phase de préparation de la performance photographique de 2Fik à Zagreb était trop belle pour être refusée. Dans son travail, 2Fik questionne l’identité, le rapport à la culture, à la société, au genre, pour se faire il conçoit des scènettes, des situations dans lesquels les personnages manifestent des traits relevant de ces catégories de sorte à ce qu’ils évoquent chez d’autres des réactions et des comportements. La particularité est que 2Fik incarne chacun de ces personnages, d’où le fait que chaque photographie soit une performance en soi.

Si la performance en tant que telle est impressionnante, plus de 5 heures à Zagreb, j’avoue que ce sont les coulisses qui m’intéressent le plus. Comment incarner différents personnages? Comment un même homme peut successivement être un musulman en colère, une jeune femme apprêtées, un enfant ou la manifestation d’une folie collective? Nous sommes ici très proche de l’acteur, à la différence que l’exposition, dans ce cas, n’est pas en direct face au public, mais médiatisée par la photographie: l’artiste est seul face à l’objectif, et en coulisses, face à lui-même.

Les essayages font peu a peu apparaître une galerie de portraits tous avec leur personnalité propre, que les différences de prime abord ne sont peut-être pas celles qui font la différence et que la question du genre, du sexe, de la religion ou de la culture se pose plus dans une construction conjointe du monde, dans une relation entre l’autre et soi.

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2Fik: reinterpreting Bukovac #opening


Le générique de début du film “2Fik: reinterpreting Bukovac"... qui sera présenté à Washington le 14 février prochain.

Opening titles of the film “2Fik: reinterpreting Bukovac"... which will be presented in Washington next February 14th.

 

 

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#2Fik @Washington!

Le documentaire sur 2Fik sera projeté à Washington le 14 février 2014 lors de la conférence "21st Annual Lavender Languages and Linguistics Conference"!

The documentary about 2Fik will be screen at the 21st Annual Lavender Languages and Linguistics Conference on February 14th 2014!

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