Archives de catégorie : Tropicale Amissa, l’Afrique à travers le vélo à travers une voiture de presse

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Snapshots # “Tropicale Amissa"

Snapshots from the film “Tropicale Amissa, l'Afrique à travers le vélo à travers une voiture de presse"

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Pourquoi un film sans commentaire? // Why a movie with no comment?

Contrairement aux films François Sylvand, portrait d'un artiste par son fils et La guerre des Béatrix, coulisses d'une création qui comportaient des commentaires, Tropicale Amissa, l'Afrique à travers le vélo à travers une voiture de presse n'en comporte pas. Ce choix est délibéré même s'il n'est pas a priori évident. Pourquoi?

Le film sur François comporte des commentaires car il s'agit plus d'un essai sur sa peinture, son œuvre et sur la filiation et le faire de manière cinématographique, je veux dire filmer la peinture, avait pour avantage de pouvoir utiliser l'ensemble des dimensions du cinéma à savoir le mouvement de l'image et le son. La voix off, la mienne, celle du fils, joue, incarne la présence du regard singulier que je porte sur le travail de François. D'autre part le commentaire très écrit me permet de porter dans mon propre espace celui de l'œuvre, de la peinture et de l'art. En ce sens les commentaires sont nécessaires et remplacent ce qui serait un texte dans un livre.
Déjà dans le film des Béatrix le commentaire s'efface sur les interactions entre les participants et ne contente d'introduire un regard sur le spectacle vivant, ce que l'image ne peut pas montrer directement.
Les commentaires jouent donc un aspect quasi extra diégétique (même si cela doit être nuancé dans le film comme totalité) mais surtout un méta discours qui ne peut-être montré directement à l'image.

Cependant l'ajout d'un discours sur l'image est un aveu de faiblesse: l'incapacité voire l'impossibilité de montrer ce discours (excepté les habituels artifices de têtes qui parlent). À cela s'ajoute une autre faiblesse: celle de devoir ajouter un discours à la situation filmée. Que manque-t-il donc à la situation pour nécessité une attelle discursive?

Ce discours adjoint à deux fonctions essentielles: l'une descriptive, l'autre explicative. Si la description me semblait important de décrire la peinture de François pour souligner le regard du spectateur, et expliquer dans les Béatrix la place des participants dans le spectacle , dans la Tropicale ces deux dimensions m'ont semblé inutile.

En effet, dans la Tropicale Amissa, l'Afrique à travers le vélo à travers une voiture de presse je voulais montrer un regard qui se construit à partir des éléments qui lui étaient disponibles. Ce regard est nécessairement partiel et partial car embarqué. Contrairement au point de vue de Dieu assis sur son nuage, aucune vision globale n'est disponible depuis le point de vue en situation. Il ne s'agit même pas d'une mise en perspective, qui supposerait déjà une cartographie initiale, mais bien de la constitution de cette dite cartographie à partir d'un fil conducteur qui constitue sinon une perspective primitive, initiale, sinon celle d'un contexte qui fait apparaître justement la situation comme telle comme agencement et connection d'éléments et d'événement en un ensemble ordonné ou du moins coordonné.
Le commentaire permettrait de juger cette perspective et ces composants, mais alors serait a posteriori par rapport à ce travail même, ou bien serait descriptif des dits éléments eux-mêmes et donc redondant avec l'image.

Évidemment que des informations supplémentaires factuelles ou contextuelles pourraient être données et apportées. Les premières versions du film étaient commentées avec des information sur le PIB du Gabon ou sur les coureurs par exemples. Mais si je les ai retiré c'est que cela finissait pas aller à l'encontre du travail initial de montrer les choses pour pouvoir les observer et non pas les commenter ou les juger. Ceux qui possèdent ce savoir auront un regard plus fin que ceux qui ne l'ont pas, mais cela ne changera rien au fait qu'il faille observer pour voir.

La Tropicale Amissa, l'Afrique à travers le vélo à travers une voiture de presse est un film d'observation et en tant que tel une réflexion sur l'observation, d'où l'usage des technique d'anthropologie visuelle. Ce n'est pas un reportage ni un jugement sur la situation filmée. Il ne s'agit pas d'une reculade ou d'une neutralité couarde. Bien sûr que j'ai une opinion sur la situation, opinion beaucoup plus complexe que je l'aurais imaginé, mais là n'est pas le propos, simplement parce que l'objectif était bien de présenter la situation et la constitution d'une observation, et non les résultats d'une analyse filmique sur le film déjà constitué.

Ceci étant, l'absence de commentaire n'est pas une absence en soi, mais simplement que l'image et le son se suffisent à eux-mêmes pour constituer une totalité filmique pleine et entière que le spectateur peut voir sans garde-fou. C'est donc parce que les commentaires sont inutiles face à l'évidence de l'image du son et du montage qui ne sont pas.

Je suis conscient que cela puisse perturber le spectateur habitué à porter la ceinture et les bretelles, mais cela ne gêne en rien sa compréhension du film. C'est pour cela que la Tropicale Amissa, l'Afrique à travers le vélo à travers une voiture de presse est un film sans commentaire.

Why a movie with no comment?

Contrarily to the movies François Sylvand, portrait d'un artiste par son fils and La guerre des Béatrix, coulisses d'une création which include comments, Tropicale Amissa, l'Afrique à travers le vélo à travers une voiture de presse does not. Even if this is not obvious at first glance it is deliberated. Why?

The film about François has comments because it is more an essay about his painting, his work and about the filiation and making it cinematographically, I mean filming painting, provided the advantage of allowing to use the whole dimensions of cinema: movement and sound. The voice over is mine, the son's one and embody the presence of the particular and singular sight I have on the François' work. Moreover, the very written commentaries allow me to put on my own space the one of art and painting. In this way, commentaries are necessary and stand for what would be a text in a book.

In the Béatrix, comments already rub out on the interactions between participants and only introduce a glance about the living spectacle, what picture cannot directly show. Comments almost play an extra-diegetic role (even if it is not so clear when considering the film as a whole) but most of all a meta discourse that cannot be shown.

But the adjunction of a discourse to the picture is a weakness avowal: the incapacity to shown what this discourse means (except through taking heads). Another weakness appears then: the need of adding a discourse to the filmed situation. What does miss the situation for appealing a discursive splint?

Discourse add to main functions: one is descriptive, the other explicative. If it was important to me to describe the painting of François for underlining the sight of the spectator, and explaining in the Béatrix the role and the position of the participants in the spectacle, in the Tropicale those two dimensions seem unnecessary.

Indeed, in the Tropicale Amissa, l'Afrique à travers le vélo à travers une voiture de presse, my aim is to show the construction of a sight through given elements. This gaze is necessarily partial for embodied. Contrarily to the point of view of a God seated on a cloud, no whole and global vision is available from the inside of the situation. It is not even a manner to put in perspective which implied a pervious chart of the situation but rather the constitution of this chart form a thread or a kind of primitive point of view or a context which makes appear the situation as a situation by arranging and ordering events and elements.
Comment would permit to judge this perspective and those components, but be a posteriori in regard to the work itself, or be only descriptive and then redundant with the picture.

Obviously, factive or contextual informations may be given, and the first version of the film were providing some clues about the GDP of Gabon or about the racers. But that seems to me to go in a different direction that the one I wished. The one who have this information would have a particular look on this movie than the others, but that will not change anything about the fact that attention is required to observe and understand.

Tropicale Amissa, l'Afrique à travers le vélo à travers une voiture de presse is a observational movie and as such a refection about observation: whence use of visual anthropological technics. This is not a report, coverable nor judgement about the filmed situation. This is not a retreat nor shy neutrality. Of course I have an opinion about the situation, more complex than I would have thought, but this is not the point, simply because the target was to present the situation and the constitution of its observation, not the results of an analysis about the film itself.

The absence of comment is not really an absence since picture and sound are enough for the film as a whole: this is why comments are not necessary that they are not.

I am aware that a no comment film may be not that easy to grasp for a lazy spectator, but does not change anything to the comprehension of the film. That is why Tropicale Amissa, l'Afrique à travers le vélo à travers une voiture de presse is a film with no comment.

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“Tropical Amissa" Sous-titrage / Subtitles

Les sous-titres anglais et français sont maintenant prêts pour la Tropicale Amissa, l'Afrique à travers le vélo, à travers une voiture de presse, en attendant le visa du CNC pour une projection publique...

Tropicale Amissa, l'Afrique à travers le vélo, à travers une voiture de presse (Tropicale Amissa, Africa through bike, through a press car) is now available with French and English subtitles. Still waiting for the CNC visa for a public screening.

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“Tropicale Amissa" prêt à visionner

tropicale-affiche

"En 2010, Odette Kingbo m’a invité à suivre la Tropicale Amissa Bongo, le tour cycliste du Gabon.
Ce fut un choc: le choc de la découverte de l’Afrique, du Gabon, du cyclisme, de la presse. Tout cela
c’est passé très vite et je crois que je n’ai réalisé ce qui se passait qu’une fois de retour à la maison. Je
voulais rendre cet état d’esprit mêlé d’euphorie, de curiosité, d’incompréhension, d’émerveillement:
le sentiment d’assister à quelque chose sans bien savoir quoi et d’en profiter pleinement. Le résultat
est ce film. Ce n’est pas un reportage comme ceux que peut réaliser la presse lorsqu’elle rend compte
et informe de la course ou du pays, ce n’est pas un documentaire à proprement parler mais plutôt une
sorte de carnet de voyage de mes impressions.
Les premières versions du film comportaient des commentaires dans l’esprit de mes précédents films,
qui tentaient d’expliquer ce qui se passait et d’expliciter mon point de vue. Au final il ne reste que les
images qui doivent parler d’elles-mêmes et qui montrent assez bien finalement tout ce que je voulais
dire. Cela donne peut-être un film plus aride mais plus proche de la réalité. Je voulais aussi détacher
ce film de la course elle-même, c’est sans doute pour cette raison que j’ai attendu si longtemps de le
montrer, car plus que de la course cycliste elle-même c’est de son appréhension par un profane que
traite ce film, et ce qui vaut pour la course de 2010 vaut sans doute pour toutes les éditions malgré
leurs particularités et spécificités.
L’approche de tournage très inspirée du cinéma direct et de l’anthropologie visuelle, avec un matériel
léger et le réalisateur comme opérateur est critiquable pour le résultat: l’image, le son et le montage
ne sont peut-être pas aussi propres et esthétiques qu’ils ne devraient l’être. L’avantage est la réactivité
et l’immédiateté des images qui retranscrivent bien un regard particulier et un point de vue auxquels
le spectateur participe comme véritable témoin.
Plus qu’un simple reportage sur la course, ce film est un regard et une réflexion visuelle sur le choc
d’une découverte: la rencontre de l’Afrique, à travers le vélo, à travers une voiture de presse."

Écriture, image, son, montage: Benjamin Sylvand
HDV • 87 minutes • français • Real-Fiction.fr • 2010 • ISAN 0000-0002-7A1E-0000-9-0000-0000-A • visa n° 129856

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